Détection du Covid-19 par des chiens : pourquoi la France est-elle à la traîne ?

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Dans plusieurs pays, les chiens sont utilisés pour détecter rapidement le coronavirus, comme ici au Royaume-Uni. © Chris Jackson / POOL / AFP
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Au printemps, la France avait été pionnière dans la détection du coronavirus par les chiens. Mais depuis six mois, la situation n'a pas évolué dans l'Hexagone alors que cette innovation a été adoptée dans d'autres pays. D'aucuns dénoncent un "mépris" du ministère de la Santé pour une solution pourtant simple et efficace.

C'était une première mondiale au printemps mais qui, depuis, patine sous nos latitudes : en France, dix chiens ont été formés et entraînés à détecter l'odeur du Covid-19, avec une sensibilité de 92 à 99%. Les essais pilotés par la prestigieuse école vétérinaire d’Alfort ont même dépassé les frontières de l’Hexagone. Ce mode de détection se développe dans une trentaine de pays et sert par exemple de "premier tri" à l'aéroport de Dubaï, d'Abu Dhabi, à Beyrouth et à Helsinki.

Mais en France, ce type de dépistage, lors duquel les chiens reniflent des compresses placées sous les aisselles des humains, ne voit toujours pas le jour. Ces nombreux obstacles découragent Dominique Grandjean, professeur de l'école nationale vétérinaire d'Alfort, dans le Val-de-Marne, qui a lancé ce projet : "C'est une incompréhension complète face ce qui est assimilable à du mépris, il faut bien le dire", regrette le vétérinaire-pompier.

Dispositif "ni cher ni invasif"

"Le chien est disponible, ce n'est ni cher ni invasif, avec un résultat instantané", rappelle Dominique Grandjean, qui déplore l'attitude du gouvernement dans ce dossier : "L'Organisation mondiale de la santé a validé la chose et va sans doute nous aider. L'Académie de médecine a dit que c'était bien et qu'il fallait nous aider, l'Académie vétérinaire de France a fait la même chose. Il n'y a guère que le ministère de la Santé qui considère que ce n'est pas intéressant."

Le professionnel craint par conséquent une situation dans laquelle "tous les pays du monde vont finir par déployer (ce système de dépistage) et on les regardera faire, alors qu'on leur a appris à le faire" en premier lieu.