Covid-19 : "Pour rester sur ce plateau très élevé, il faudra ajouter d'autres mesures"

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Coronavirus Hôpital Réanimation Covid 2:17
Pas moins de 3.500 personnes sont hospitalisées dans un service de réanimation en France. Photo d'illustration. © BERTRAND GUAY / AFP
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Directrice de recherches à l'Inserm, Vittoria Colizza est favorable à l'instauration de nouvelles restrictions pour éviter une flambée de l'épidémie dans les prochaines semaines. Sur Europe 1, mercredi soir, la spécialiste dit redouter une sortie du plateau épidémique dans lequel se situe aujourd'hui la France.
INTERVIEW

Les Français vont-ils bientôt voir le bout du tunnel ? Mercredi midi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a estimé que la population pourrait peut-être retrouver une vie "plus normale" vers "mi-avril". Une perspective qui interroge, alors que le niveau de circulation du coronavirus est encore sur un plateau très élevé en France. Et la pression épidémique pourrait encore s'accentuer à l'avenir si de nouvelles mesures ne sont pas prises bientôt, anticipe mercredi sur Europe 1 Vittoria Colizza, directrice de recherches à l'Inserm.

Une chose est sûre : le confinement de l'automne et le couvre-feu de l'hiver ont "marché pour réduire la dynamique de la souche historique" depuis quelques mois, affirme la spécialiste. Mais, dans le même temps, les variants britannique, sud-africain et brésilien ont continué de progresser très rapidement sur le territoire.

Pression hospitalière toujours forte

C'est ce qui explique le plateau sur lequel se situe la France aujourd'hui : les contaminations quotidiennes, avec une moyenne sur une semaine, oscillent depuis la mi-février entre 20.000 et 25.000 cas par jour. La pression hospitalière reste forte, avec plus de 3.500 malades en réanimation et plus de 25.000 patients hospitalisés au total. "On a très peu de marge d'amélioration dans ce contexte", déplore l'invitée d'Europe Soir.

" On va cibler les territoires où ils ont plus besoin des restrictions "

"Avec le temps", prévient Vittoria Colizza, "on va sortir de cet équilibre". Selon la directrice de recherches à l'Inserm, cela signifierait malheureusement une dégradation des indicateurs de l'épidémie, et non une amélioration dans les semaines à venir. Dans cette optique, "pour rester sur ce plateau qui est quand même un plateau très élevé, il faudra ajouter d'autres mesures au cours du temps", souligne-t-elle.

Le "point-clé" de la vaccination

C'est le sens des restrictions adoptées à Nice et Dunkerque, avec d'autres départements sous la menace d'un confinement similaire le week-end. Ces mesures territorialisées pourraient avoir un effet bénéfique, assure la spécialiste. "On va cibler les territoires où ils ont plus besoin" de restrictions et "on peut envisager d'avoir une adhésion plus forte" de la population à ces mesures, gage d'un déclin épidémique.

Dans tous les cas, l'évolution de l'épidémie en France "va dépendre des mesures qu'on va prendre" pour lutter contre sa propagation. "La vaccination va être un point-clé, même si elle n'est pas encore capable d'infléchir la courbe de l'épidémie", conclut Vittoria Colizza.