Covid-19 : le Danemark devient le 1er pays de l'UE à utiliser le pass sanitaire

  • A
  • A
Danemark 3:23
Avec l'arrivée du Coronapass, 100.000 tests par jour sont effectués dans la région de Copenhague (Illustration). © Mads Claus Rasmussen / Ritzau Scanpix / AFP
Partagez sur :
Depuis le début du mois d'avril, un pass sanitaire appelé Coronapass est entré en vigueur au Danemark. Les habitants doivent donc montrer la preuve qu’ils ont une vaccination complète, qu’ils sont immunisés, ou qu’ils ont été testés négatifs il y a moins de 72 heures avant de se rendre dans les restaurants, les musées ou les commerces.
REPORTAGE

Début juin, la France va mettre en place un pass sanitaire pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. Mais chez certains de nos voisins européens, ce dispositif est déjà d'actualité. Au Danemark notamment, premier pays à l'avoir adopté, les habitants doivent s'en servir depuis le début du mois d'avril. Aller dans les restaurants, les bars, les musées, les stades, mais aussi se rendre chez le coiffeur, le tatoueur ou dans une auto-école, dépend donc désormais de ce pass, baptisé le "Coronapass". Le principe est simple, les Danois doivent montrer la preuve qu’ils ont une vaccination complète, qu’ils sont immunisés, ou encore qu’ils ont été testés négatifs il y a moins de 72 heures avec un test PCR ou un antigénique.

La condition d'un retour à la "vie normale"

Et dans les restaurants justement, c'est toujours la même question qui revient à l'entrée de chaque client. "Vous avez votre Coronapass ?". Isabelle, la responsable de l'un d'eux, vérifie minutieusement chaque détail du pass avant, enfin, d'asseoir le client. "Ça nous prend forcément plus de temps pour installer les gens. On compte entre 10 et 15 minutes de plus chacun, donc bien sûr il y a des files d’attente dehors. C’est un peu énervant mais c'est gérable. Ça permet d’ouvrir, ça vaut le coup", assure la Danoise.

Dans sa salle, les tables ont un petit mètre d’écart et les clients, sans masque, profitent de leurs plats après quatre mois sans restaurant. Et ce même si cela induit de se faire tester et d'avoir réservé au moins une demi-heure à l’avance. "C’est bien de savoir qu’on est en sécurité quand on mange, qu’on n'a pas à s'inquiéter des autres car ils ne sont pas malades", reconnaît Fred, un des clients. 

Un avis partagé par Louisa, ravie elle aussi de retrouver une vie à peu près normale. "C’est génial ! C’est sympa d’enfin sortir dîner, ça nous a énormément manqué", explique la jeune femme, seulement déçue de ne pas pouvoir continuer la soirée dans un bar. Car ici, tous les établissements doivent fermer après 23 heures.

10% des Danois ont reçu deux doses de vaccin

Mais au Danemark, moins de 10% des habitants ont reçu deux doses de vaccin. Le Coronapass dépend donc énormément des tests. Le gouvernement conseille même à la population de se faire tester deux fois par semaine. Le Copenhague Médical, qui gère tous les centres de tests de la capitale, a dû accélérer la cadence depuis l'instauration de ce dispositif.

"Avant ça, on se faisait tester si on pensait en avoir besoin. Mais maintenant que tout rouvre au Danemark, les gens en ont vraiment besoin. On a doublé le nombre de tests qu’on fait chaque jour et on doit créer de nouveaux centres. Il y en a même un qui reste ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7", explique Trine Baadsgaard, sa porte-parole. Résultat : 100.000 tests par jour sont effectués dans la région de Copenhague, et sur l'ensemble du pays, un habitant sur 10 est testé  chaque jour, soit 5 fois plus qu’en France.

Accepté...mais pas pour très longtemps 

Quant à l'acceptation par la population de ce Coronapass, un mouvement demeure contre, les "Men in Black", ou les "Hommes en noir". Un groupe minoritaire, qui défile régulièrement dans la capitale contre toutes les restrictions sanitaires en vigueur dans le pays. Pour le reste des citoyens, la mesure semble plutôt bien comprise, que ce soit du point de vue des clients ou des gérants d'entreprise.

"On n’est pas habitué à montrer nos données personnelles, mais pour les Danois, c’est vraiment le moyen de rouvrir la société. Bien sûr c’est une contrepartie, mais je pense qu’il faut se rendre compte des avantages pour vous et moi, mais aussi pour les entreprises", estime Kim Haggren, directeur adjoint de la plus grande organisation patronale du Danemark.

Mais si le Coronapass est accepté pour le moment, beaucoup de Danois ne veulent pas qu’il soit en place trop longtemps. Le gouvernement devrait normalement le réévaluer cet été.

Europe 1
Par Joanna Chabas, édité par Manon Fossat