Traitement contre le coronavirus : l'essai européen Discovery tourne-t-il au fiasco ?

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coronavirus covid-19 essai discovery 1:39
À l'origine, l'essai européen Discovery devait tester quatre molécules sur plus de 3.000 patients dans toute l'Europe © ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
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Alors qu'Emmanuel Macron avait annoncé la publication, jeudi, des premiers résultats de l'essai européen Discovery contre le coronavirus, la perspective d'obtenir ces résultats intermédiaires semble de plus en plus compromise. Onéreux par rapport à d'autres essais, notamment celui de l'OMS, Discovery est boudé par la plupart de nos voisins européens, et pourrait tourner à l'échec.

L'essai Discovery est-il en train de tourner au fiasco ? Emmanuel Macron avait annoncé la publication des premiers résultats de l'essai européen Discovery pour ce jeudi, mais le ministre de la Santé, Olivier Véran, est désormais plus vague. Ce "grand essai européen" annoncé pour tester quatre molécules dans le traitement du Covid-19, notamment la désormais célèbre hydroxychloroquine, patine, et il n'y aura donc probablement pas de résultats intermédiaires ce jour.

Concurrencé par l'essai Solidarity

Certains médecins le qualifient désormais de "Fiascovery". À l'origine, l'essai devait tester quatre molécules sur plus de 3.000 patients dans toute l'Europe. Mais deux mois plus tard, seuls 742 patients y participent : uniquement des Français, et quelques Luxembourgeois. Nos voisins européens boudent Discovery et il existe plusieurs raisons à cela.

Tout d'abord, certains pays, dont l'Espagne ou l'Italie par exemple, préfèrent participer à l'essai Solidarity, mené par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ce dernier ne coûte que quelques centaines d'euros par patients, contre entre 4.500 et 5.000 euros pour Discovery.

Pas assez de patients "testeurs"

Aux commandes de Discovery, Florence Ader espère encore que l'Allemagne, l'Autriche ou la Belgique rejoindront son essai. Pour elle, c'est juste un peu plus long que prévu. "Le temps que ça nous a pris de mettre l'essai en place en France a été un temps qui n'a été dédié qu'à ça, du 1er au 22 mars", explique-t-elle au micro d'Europe 1. "Ensuite, on est entré dans une deuxième phase, on a commencé a comprendre qu'il allait nous falloir un peu plus de temps pour le mettre en place dans un certain nombre de pays européens".

Le problème, c'est que l'épidémie ralentit, et donc le nombre de malades aussi. Il est donc de plus en plus difficile de trouver des patients à inclure dans l'essai. Or, 742 patients à ce jour, pour tester quatre molécules et un groupe placebo, cela signifie environ 150 "testeurs" par molécule, ce qui n'est pas du tout suffisant. En effet, pour que cela le soit, il en faudrait au moins quatre fois plus pour obtenir un résultat exhaustif et consolidé.

Europe 1
Par Mathieu Charrier, édité par Pauline Rouquette