Déconfinement : quelle hygiène pour les vélos, trottinettes et scooters en libre-service ?

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Comment garantir que les Velib ne seront pas des vecteurs de contamination ? (photo d'illustration) 1:29
Comment garantir que les Velib ne seront pas des vecteurs de contamination ? (photo d'illustration) © Ludovic MARIN / AFP
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À l'heure du déconfinement, et alors que le métro peut faire peur, les vélos, trottinettes et scooters en libre-service devraient être plébiscités par les usagers des grandes villes. Mais sur ces engins partagés, le risque de contamination est réel. Les opérateurs ont donc mis en place des mesures sanitaires drastiques.

C'est le jour J ! Après deux mois de confinement, les sorties, bien qu'encore limitées, sont de nouveau autorisées en France. Et pour beaucoup, cela signifie reprendre le chemin du travail. Si vous habitez une grande ville, cela s'annonce encore compliqué de prendre le métro entre stations fermées, risque de verbalisation et promiscuité qui peut faire peur. Une situation qui pourrait profiter aux opérateurs de vélos, trottinettes et scooters en libre-service. Rien ne dit que l’utilisateur qui vous précède n’a pas laissé le coronavirus sur le guidon mais des mesures sont prises pour rassurer les usagers. 

Vélos : les indispensables gestes barrière

C’est pour les vélos en libre-service que ce sera le plus compliqué. À Paris par exemple, impossible de désinfecter les 19.000 Vélib’ après chaque course, ni même tous les jours, reconnaît l'opérateur Smovengo. Ce sera fait seulement lors de la maintenance en atelier, une opération qui peut être plus ou moins régulière selon l'état des vélos. Jump, la filière d'Uber qui déploie 5.000 vélos et 1.000 trottinettes à Paris, espère, elle, arriver à effectuer des désinfections quotidiennes. Ses opérateurs ont été équipés de masques, visières, bouteilles de gel hydroalcoolique et lingettes désinfectantes.

S'il a un temps été envisagé d'installer des distributeurs de gel hydroalcoolique à chaque station de Vélib', cette idée a été repoussée dans l'immédiat à cause du risque de vol et de dégradation. Alors, dans la capitale comme dans les autres grandes villes, les opérateurs relayent les gestes barrières : se laver les mains avant et après chaque course, ne pas se toucher le visage, porter des gants. Un message s’affiche ainsi à l’ouverture de l’application Vélib'. À Lyon, les gestes sont même rappelés sur les écrans des bornes de réservation. Les utilisateurs sont également invités à respecter la distanciation sociale en station et sur la route.

Trottinettes : des désinfections quotidiennes

Ce sera plus simple, en revanche, pour les trottinettes électriques. La plupart des opérateurs avaient retiré leurs flottes pendant le confinement, mais les trottinettes sont de retour avec un traitement particulier. "Lorsqu’elles sont entretenues dans l’atelier, chargées ou déployées dans la ville, toutes les trottinettes sont soigneusement désinfectées", détaille le plan d'action de l'opérateur Lime, le plus présent en France. "Tous les employés portent des gants et des masques, et ont suivi une formation pour respecter des règles d'hygiène strictes, notamment sur le respect de la distanciation sociale."

"On ne peut évidemment pas désinfecter les trottinettes après chaque utilisation mais nous avons bon espoir de pouvoir les nettoyer au moins une fois par jour à Paris", estime Driss Ibenmansour, directeur général France de Bird. "Notre équipe terrain, qui s'occupait jusqu'ici du parking et de la régulation, a désormais pour mission de désinfecter les trottinettes le plus souvent possible", précise-t-il. Pour s'occuper de ses quelque 3.000 engins parisiens, Bird va doubler la taille de cette équipe, de quinze à trente personnes. Chaque service rappelle également les gestes barrière sur son application et incite les utilisateurs à porter gants et masques.

Scooters : une alternative moins risquée ?

Et puis, il y a l’option scooter. En termes sanitaires, cette solution de transport présente un avantage : le port des gants est de toute façon obligatoire. Pour la tête, "on fournit aux usagers des charlottes hygiéniques pour mettre dans le casque partagé", explique Vincent Bustarret, directeur marketing de Cityscoot (3.800 engins à Paris et dans les communes limitrophes). "On demande aux utilisateurs de ne pas mettre le casque en contact avec leur bouche ou leur nez."

Par ailleurs, les deux roues en libre-service seront désinfectés à chaque recharge de la batterie, opération qui a lieu "en moyenne toutes les 24 à 48 heures", selon Vincent Bustarret. "Guidon, selle, freins, poignées : toutes les surfaces de contact seront nettoyées avec un produit adapté." Et, parce que trop, ce n'est jamais assez, les gestes barrières essentiels sont également rappelés au démarrage de l'application.