Coronavirus : plus de 300.000 morts dans le monde

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Vaccin Macron Coronavirus
L'Italie est l'un des pays les plus touchés par la pandémie. © Alberto PIZZOLI / AFP
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Le gouvernement a présenté jeudi matin son plan pour venir en aide au secteur du tourisme, fortement touché par la pandémie. Le groupe pharmaceutique Sanofi a lui créé une vive polémique après affirmé vouloir servir en priorité les Etats-Unis si un vaccin était trouvé, tandis que le bilan a franchi la barre des 300.000 morts dans le monde.
L'ESSENTIEL

Le secteur du tourisme attendait le gouvernement au tournant. L'exécutif a présenté jeudi son "plan Marshall" pour relancer la filière touristique, complètement à l'arrêt en raison de la pandémie de coronavirus. Dans le même temps, le groupe Sanofi a créé une vive polémique après avoir annoncé vouloir servir en priorité les Etats-Unis si un vaccin était trouvé. Jeudi soir, un nouveau bilan de l'épidémie a été communiqué, faisant état de 27.425 morts dans le pays depuis le 1er mars. Au niveau mondial, le bilan a dépassé la barre des 300.000 décès.

Les informations à retenir :

  • Le nouveau bilan de l'épidémie fait état de 27.425 morts en France 
  • Le gouvernement a présenté jeudi son plan pour relancer le secteur du tourisme   
  • Sanofi a créé la polémique en disant vouloir servir en priorité les Etats-Unis si un vaccin était trouvé
  • L'UE n'attend pas de vaccin avant au moins un an
  • Le bilan dans le monde a dépassé les 300.000 morts 

27.425 morts en France, nouvelle baisse des réanimations 

La France déplore 27.425 morts depuis le début du mois de mars, mais le nombre de patients en réanimation continue de baisser, selon le bilan de la direction générale de la Santé jeudi soir. 2.299 patients se trouvent toujours en réanimation, contre 2.428 mercredi, soit un solde négatif de 129 personnes.

Par ailleurs, l'explosion du nombre de téléconsultations médicales en raison de l'épidémie se confirme, et leur nombre hebdomadaire est resté proche du million jusqu'au déconfinement, selon des chiffres transmis jeudi par l'Assurance maladie. Le nombre est remonté à 1.118.000 la dernière semaine d'avril, avant de s'établir à 874.000 celle du 1er mai, puis 900.000 celle du 8 mai.

Le gouvernement au chevet du tourisme, les Français pourront partir en vacances cet été 

"Les Français pourront partir en vacances en France en juillet et août", a assuré Edouard Philippe jeudi, sous réserve toutefois "de possibles restrictions très localisées" en fonction de l'évolution de l'épidémie. Le Premier ministre a annoncé une série de mesures pour soutenir le secteur du tourisme, dont un plan "sans précédent" de "18 milliards d'euros" d'engagements, un relèvement du plafond journalier des tickets restaurants de 19 à 38 euros et un accès étendu au fonds de solidarité et au chômage partiel. Le "sauvetage" du secteur est une priorité nationale", a martelé Edouard Philippe.

"Les Français peuvent prendre leurs réservations", a également encouragé le chef du gouvernement, en soulignant que "les acteurs du tourisme, de l'hôtellerie, se sont engagés à faire en sorte qu'ils soient intégralement remboursés dans l'hypothèse où l'évolution de l'épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances". Sur Europe 1, jeudi soir, le secrétaire d'État chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne a indiqué que les Français ne devaient "pas hésiter" à réserver leurs vacances en France cet été.

Face à ces annonces, les professionnels du tourisme sont partagés. "Ils vont pouvoir se mettre dans une dynamique d'ouverture, une dynamique d'action", analyse sur Europe 1 Didier Arino, directeur de Protourisme. Mais pour d'autres acteurs du secteur, ce plan n'est pas suffisant pour rassurer. Découvrez notre article sur le sujet par ici.

Selon Bruno Le Maire, "l'économie française redémarre doucement"

"L'économie française redémarre doucement", a déclaré jeudi sur BFMTV le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, quatre jours après la fin du confinement. "Le redémarrage est progressif... Je préfère un redémarrage par étape que brûler les étapes et risquer l'interruption", a-t-il ajouté. Lors de cette même interview, le ministre a déclaré que le rétablissement de l'ISF, supprimé en 2018 par le gouvernement, ne serait pas un "bon choix". 

Macron s'est "ému" des propos polémiques de Sanofi…

La classe politique, pour une fois unanime, s'est indignée jeudi de l'annonce par le patron de Sanofi que son groupe pharmaceutique servirait en priorité les Etats-Unis s'il trouvait un vaccin contre le Covid-19. Emmanuel Macron s'est "ému" de cette annonce et a appelé de nouveau à ce que ce vaccin soit "extrait des lois du marché". "L'égal accès de tous au vaccin n'est pas négociable", a renchéri Edouard Philippe.

"Sanofi doit assumer ses responsabilités et effectivement se mettre au service de la santé des Français et des Européens et pas simplement de ses intérêts financiers aux États-Unis", a mis en garde le chef de file d'EELV Jannick Jadot sur Franceinfo. "Parce que la santé est un bien commun à soustraire aux jeux du marché, aucune entreprise française ne doit pouvoir jouer contre notre propre souveraineté sanitaire sans s'exposer à une nationalisation", menaçait encore le Parti socialiste dans un communiqué dès mercredi soir.

Le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, a affirmé mercredi que Sanofi servirait "en premier" les États-Unis s'il trouvait un vaccin car ce pays "partage le risque" des recherches dans le cadre d'un partenariat.

… qui se défend sur Europe 1

Invité du journal de la mi-journée sur Europe 1, jeudi, le président de Sanofi France, Olivier Bogillot a tenu à rassurer les auditeurs et affirmé que dans l'hypothèse où Sanofi découvrait un vaccin contre le Covid-19, "il serait accessible à tous". Son interview est à retrouver par ici et dans la vidéo ci-dessous :

Le président du conseil d'administration de Sanofi, le Français Serge Weinberg, "m'a donné toutes les assurances nécessaires quant à la distribution en France d'un éventuel vaccin Sanofi", a pour sa part ajouté le Premier ministre Edouard Philippe dans un tweet, rappelant que Sanofi était "une grande entreprise profondément française".

L'UE annonce un vaccin... pas avant un an

La création d'un vaccin contre le Covid-19 d'ici un an relève d'un scénario "optimiste" sur la base des tests qui sont menés actuellement, a pour sa part estimé jeudi l'Agence européenne du Médicament (EMA). "Nous pouvons voir la possibilité si tout se déroule comme prévu que certains (vaccins) soient prêts à être approuvés d'ici un an", a affirmé Marco Cavaleri, directeur de la stratégie à l'EMA lors d'une vidéo-conférence. 

"Ce sont juste des prévisions fondées sur ce que nous voyons. Mais je dois à nouveau souligner que c'est dans le meilleur des scénarios, nous savons que tous les vaccins en cours de développement risquent de ne pas parvenir jusqu'à l'autorisation et de disparaître", a ajouté Marco Cavaleri. "Nous savons également qu'il peut y avoir des retards".

Traitement : vers un fiasco pour l'essai européen Discovery ?

L'essai Discovery est-il en train de tourner au fiasco ? Emmanuel Macron avait annoncé la publication des premiers résultats de l'essai européen Discovery pour ce jeudi, mais le ministre de la Santé, Olivier Véran, est désormais plus vague. Ce "grand essai européen" annoncé pour tester quatre molécules dans le traitement du Covid-19, notamment la désormais célèbre hydroxychloroquine, patine, et il n'y aura donc probablement pas de résultats intermédiaires ce jour. On vous explique tout dans cet articleou dans la vidéo ci-dessous :

De son côté, le comité indépendant chargé d'analyser l'essai clinique estime qu'il n'y a pas encore de résultats sur l'efficacité des quatre médicaments testés, a indiqué jeudi à l'AFP l'un des chercheurs qui chapeautent le projet à l'Inserm. "Ils nous ont dit qu'il fallait continuer" à inclure de nouveaux patients dans l'étude, a déclaré Yazdan Yazdanpanah, directeur de l'infectiologie de cet institut de recherche, à propos du comité d'experts qui s'est réuni lundi pour analyser les données de cet essai.

Plus de 300.000 morts dans le monde

La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 300.000 morts dans le monde, dont plus de 80% en Europe et aux Etats-Unis, selon un bilan établi par l'AFP. Au total, 300.140 décès ont été recensés dans le monde (pour 4.403.714 cas), dont 162.654 en Europe (1.825.812 cas), continent le plus touché. Les Etats-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (85.194), devant le Royaume-Uni (33.614), l’Italie (31.368), la France (27.425) et l'Espagne (27.321).

Parallèlement, le déconfinement se poursuit dans de nombreux pays. Le Japon a annoncé jeudi la levée, dans la majorité des régions, de l'état d'urgence mis en place début avril. Il est en revanche maintenu dans les grandes agglomérations comme Tokyo et Osaka. La mairie de Rome a décidé d'accélérer un peu le déconfinement et de permettre l'ouverture à partir de lundi prochain de certains magasins, comme les coiffeurs ou centres de beauté, initialement prévus pour le 1er juin.

De son côté, l'OMS a averti que le nouveau coronavirus pourrait "ne jamais disparaître" et devenir une maladie avec laquelle l'humanité devra apprendre à vivre.