Coronavirus : à quoi vont ressembler les vaccinodromes mis en place dès avril ?

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Des vaccinodromes vont permettre d'accélérer la campagne. Photo d'illustration. 2:06
Des vaccinodromes vont permettre d'accélérer la campagne. Photo d'illustration. © DENIS CHARLET / AFP
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Des vaccinodromes vont être mis en place à partir d'avril dans toute la France. Ces mégacentres de vaccination, dont certains seront gérés par l'armée ou les pompiers, doivent permettre d'accélérer la campagne et de s'adapter à l'augmentation des livraisons prévue pour les prochains mois. 

Les vaccinodromes reviennent sur le devant de la scène. Le ministre de la Santé Olivier Veran a confirmé lundi leur déploiement dès la semaine prochaine et tout au long du mois d'avril sur l'ensemble du territoire Français. Leur utilisation durant la grippe H1N1 en 2009 avait laissé des mauvais souvenirs, mais ces grands centres dédiés à la vaccination reviennent en grâce alors que se profilent des livraisons massives de doses de vaccins en France, à partir du mois de mai. La logistique doit permettre d'intensifier largement la campagne vaccinale contre le Covid

Entre 100 et 200 vaccinodromes en France

Ces mégacentres de vaccination vont prendre place dans des lieux spacieux : palais des congrès, gymnases ou stades par exemple. Ces derniers vont être équipés de chaises et de box, pour permettre 1.000 à 2.000 vaccinations par jour. Le gouvernement espère déployer entre 100 et 200 vaccinodromes courant avril à travers toute la France, à raison d'un ou deux par département. 35 d'entre eux au moins seront gérés par l'armée et les pompiers.

Les sites seront choisis par les Agences régionales de santé en accord avec les préfets. Le Stade de France devrait par exemple accueillir des candidats pour 10.000 vaccinations par semaine à partir du 6 avril, une grande salle sera mise à disposition avec l'aide logistique des pompiers de Paris. De nouveaux professionnels de santé pourraient d'ailleurs être mobilisés pour procéder à la vaccination comme les dentistes, les biologistes et les vétérinaires. La Haute autorité de santé doit se prononcer cette semaine sur leur participation a la campagne vaccinale.

Une intensification des livraisons prévues 

Le retour en grâce de ces vaccinodromes s'explique par trois raisons. D'abord, la population cible n'est plus la même. Jusqu'ici les personnes prioritaires étaient celles des Ehpad, ainsi que les Français les plus âgés ou les plus fragiles à qui on ne pouvait pas demander de se déplacer dans de gros centres loin de leur domicile. Mais plus la campagne de vaccination avance, plus les candidats à la vaccination seront jeunes et mobiles et donc capables de s'y rendre. Le gouvernement prévoit en effet d'avoir vacciné 10 millions de personnes d'ici mi-avril, "soit la totalité des personnes vulnérables volontaires aujourd’hui éligibles".

Deuxièmement, les livraisons de vaccins vont s'accélérer dans les prochains mois. En mai, la France doit recevoir 17 millions de doses et 26 millions supplémentaires au mois de juin. Cela représente le triple des livraisons du mois de mars. A partir du 15 mai, les stocks de vaccin devraient permettre 330.000 injections par jour. Les vaccinodromes seront ainsi un moyen de tenir la cadence. 

Enfin, ces mégacentres de vaccination pourront être équipés de super frigos pour stocker les vaccins Pfizer et Moderna. Or, ces vaccins qui se conservent a très basse température représenteront 60 à 70 % des vaccins livrés a la France dès avril.

Europe 1
Par Anne Le Gall, édité par Guilhem Dedoyard