Chloroquine contre le coronavirus : que vaut la nouvelle étude du professeur Raoult ?

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Le professeur Didier Raoult défend les effets de la chloroquine pour soigner le coronavirus. 1:17
Le professeur Didier Raoult défend les effets de la chloroquine pour soigner le coronavirus. © AFP
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Le professeur Didier Raoult a publié une nouvelle étude démontrant selon lui l'efficacité de la chloroquine pour traiter le coronavirus, par ailleurs très débattue au sein de la communauté scientifique. Il affirme que ce traitement participerait à faire diminuer la charge virale des patients, et donc à les rendre moins contagieux. 

Didier Raoult persiste et signe. Le directeur de l’IHU de Marseille a publié vendredi les résultats d'une nouvelle étude menée par ses soins sur l’usage de l'hydroxychloroquine contre le coronavirus. Alors que l'usage de cet antipaludéen est largement débattu au sein de la communauté scientifique, lui assure que ces nouvelles données confirment son efficacité. 

Faire chuter la charge virale des patients

Cette nouvelle étude montrerait notamment que la chloroquine associée à une autre molécule permettrait de faire chuter la charge virale des patients, c’est à dire de les rendre moins contagieux. Si ce résultat est avéré il s'agirait très grand atout pour freiner la propagation de l’épidémie et diminuer la pression sur les hôpitaux.

Mais il reste beaucoup de zones d’ombre. L’équipe du professeur Raoult ne semble notamment pas utiliser de "group control" (un groupe de personnes malades qui ne prennent aucun traitement, ou bien à qui les chercheurs administrent un placebo) pour mener ses recherches. Ce qui est pourtant fondamental dans ce genre d’études statistiques, car cela permet de vérifier la réaction des personnes testant le médicament par rapport aux autres.

Une étude internationale en cours

Parmi les 81 patients inclus dans cette étude, 80 personnes sont en voie de guérison, et une patiente de 86 ans est décédée. Des résultats qui ne sont pas très éloignés des statistiques globales connues à ce jour pour la maladie. Statistiques qui ne pourront cependant être confirmées que par l'étude internationale en cours sur un nombre de patients beaucoup plus larges.

Europe 1
Par Jean-Sébastien Soldaïni, édité par Laetitia Drevet