Covid-19 : trois questions sur le refus de la gratuité des masques pour les élèves

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Pour lutter contre le coronavirus, le masque sera obligatoire en classe pour les élèves de plus de 11 ans, dès la rentrée. © Thomas SAMSON / AFP
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L'exécutif a décidé de faire assumer aux familles l'achat des masques, obligatoires dès la rentrée pour les élèves de plus de 11 ans. Cette décision, prise pour responsabiliser les familles, est critiquée jusque dans les rangs de la majorité et permet aux collectivités de prendre la main dans ce dossier.
DÉCRYPTAGE

Au temps du coronavirus, c’est l'une des questions sensibles à une semaine de la rentrée scolaire : qui doit payer les masques que devront porter obligatoirement les élèves dès le collège, ainsi que les enseignants ? Après plusieurs jours de débat, l’exécutif a choisi de ne pas opter pour la gratuité. Les masques, obligatoires à partir de 11 ans, seront bien à la charge des familles, sauf pour les plus précaires. Explications.

Pourquoi le gouvernement refuse-t-il la gratuité des masques ?

L'argumentaire de l'exécutif est simple : "Aucun pays au monde n’assure la gratuité des masques." Le gouvernement reste ainsi sur la ligne tracée par le Président lui-même. En juillet, Emmanuel Macron avait indiqué que "le contribuable n’a pas vocation à payer des masques pour tout le monde, tout le temps".

Au sommet de l’Etat, on rappelle que les familles les plus modestes ont déjà reçu des masques par la Poste cet été et que l’allocation de rentrée scolaire a été relevée de 100 euros. C’est donc l’argument de la responsabilisation des familles qui a gagné.

Les collectivités peuvent-elles changer la donne ?

Régions et départements vont-ils prendre la main dans ce dossier sensible ? L'exécutif insiste sur une histoire de compétence, car les régions sont en charge des lycées et les départements des collèges. Ce serait donc à eux d’assurer la distribution des masques si nécessaire.

Certains ont déjà annoncé leur volonté de le faire, comme les régions des Hauts-de-France ou de l'Île-de-France. C'est aussi le cas pour certains départements, à l'image de la Seine Saint-Denis.

Le choix de l'exécutif est-il contesté ?

Cette décision du gouvernement a été prise alors que de très nombreuses voix dans l’opposition réclament cette gratuité. Au sein-même de la majorité, des députés La République en marche ont pris position pour cette gratuité. Mais cette thèse n’a pas tenu.

Au sein de la majorité, certains crient à la faute politique : "On va revoir des régions fanfaronner avec des masques comme pendant le confinement", confie un macroniste. Le gouvernement pourrait en ressortir fragilisé. "Au bout de la chaîne, c’est tout de même l’État qui paie", peste un conseiller ministériel à propos de la gratuité décidée par certaines collectivités.