Face au rebond de l'épidémie de Covid-19, les centres de dépistage sont submergés

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coronavirus 1:07
Des personnes font la queue devant un centre de dépistage du Covid-19, au Mans, le 21 août. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Alors que l'épidémie de coronavirus poursuit sa progression en France, les centres de dépistage du Covid-19 croulent sous les demandes. Devant les laboratoires, les files d'attente s'allongent et les centres ne parviennent pas à répondre à toutes les demandes. 
REPORTAGE

En l'espace de 24 heures, les autorités sanitaires ont enregistré, dimanche, plus de 4.500 résultats positifs au Covid-19 en France, preuve que l'épidémie de coronavirus est en recrudescence. Face à ce phénomène, les laboratoires d'analyses sont pris d'assaut par les vacanciers de retour chez eux et prêts à reprendre le travail. 

Europe 1 s'est donc rendue dans un centre de dépistage sans rendez-vous pour mieux comprendre l'origine de cette pénurie. Devant le bâtiment, la file d'attente est à peu près aussi longue qu'au début du mois de juillet. A cette époque de l'année, les Français se ruaient sur les centres avant de partir en vacances. Désormais, ceux qui patientent avant d'être testés sont... de retour de vacances. "J'étais en Italie la semaine dernière", affirme un jeune homme au micro d'Europe 1. Même situation pour cette jeune femme qui vient de quitter la Grèce ou pour cet homme tout droit venu de Marseille. 

Une file d'attente à rallonge 

Parmi tous les tests réalisés dans ce laboratoire, ceux demandés par des vacanciers reprenant le travail sont majoritaires devant les cas contacts et les suspicions de Covid-19. Malgré l'attente, nombreux sont ceux qui se voient refuser un dépistage. "Cela fait trois fois que je viens et c'est fermé. Ce n'est pas possible", se plaint Maryse. "On est dans une crise. Ils devraient s'organiser pour que l'on puisse faire davantage de tests", ajoute-t-elle. 

Pour Lionel Barrand, membre d'un syndicat de biologistes, cette situation s'explique par le fait que de nombreux arrivants demandent un dépistage alors que dans leur situation, le risque de contraction du virus reste faible. Il faut éviter d'emboliser avec des personnes qui ne sont pas nécessaires de dépister", affirme-t-il. Il préconise de se rendre dans les centres s'il y a "une situation à risque". Pour cela, il faut consulter la liste des pays où la circulation du virus est la plus importante. Si l'on revient de ces destinations, "il faut bien se faire dépister avant de reprendre le travail", poursuit Lionel Barrand. 

S'ajoutant à cet engorgement, le risque de pénurie de réactif plane sur les laboratoires. Le stock de ce produit qui permet de lire les résultats des tests est d'ores et déjà extrêmement bas. 

Europe 1
Par Pierre Herbulot, édité par Tiffany Fillon