Covid-19 : 105.631 morts en France, les hospitalisations en baisse

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Un virus dérivé du variant indien a été identifié au Havre. © Sameer Al-DOUMY / AFP
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Avec 16,4 millions de premières doses injectées, la France espère encore pouvoir tenir le cap des 20 millions de primovaccinés contre le Covid-19 d'ici le 15 mai, la campagne ayant été élargie a tous les adultes souffrant d'une maladie chronique. Par ailleurs, même si les hospitalisations baissent lentement, le variant indien inquiète. 
L'ESSENTIEL

Alors que les indicateurs de suivi de l'épidémie de coronavirus en France continuent de s'améliorer, le gouvernement défend sa stratégie vaccinale et notamment l'ouverture de la campagne à tous les adultes souffrant d'une maladie chronique, susceptible d'entraîner une forme grave du Covid-19. L'exécutif mise toujours sur 20 millions de premières doses injectées d'ici le 15 mai, un objectif qui s'annonce de plus en plus ambitieux.

Dans le reste du monde, la situation de l'Inde reste toujours aussi préoccupante, avec plus de 20 millions de cas officiellement déclarés, et un système de santé à genoux. Alors que les chefs de la diplomatie des pays du G7 sont réunis à Londres, l'OMS les appelle a réfléchir à un renforcement du dispositif Covax de partage de vaccins avec les pays pauvres. 

Les informations à retenir :

  • 105.631 personnes sont mortes du Covid-19 en France
  • L'objectif des 20 millions de primovaccinés d'ici la mi-mai s'annonce difficile à tenir
  • Un virus dérivé du variant indien identifié au Havre
  • Les députés donnent un premier feu vert à l'utilisation d'un pass sanitaire
  • L'Inde a dépassé la barre des 20 millions de contaminations

Un virus dérivé du variant indien identifié dans un cluster au Havre

La présence d'un "virus dérivé du variant indien" a été confirmée sur deux des 16 cas de Covid-19 détectés parmi les marins d'un navire amarré au Havre, a-t-on appris mercredi auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) de Normandie.

Le 18 avril dernier, un foyer de contagion de Covid-19 avait été déclaré parmi les 25 membres d'équipage d’un navire au Havre. Des cas positifs avaient été identifiés alors que le navire était en mer. L'ensemble de l'équipage avait été mis à l’isolement dès l'apparition des signes avant leur arrivée au Havre (cas positifs et contacts à risque) et la totalité de l'équipage a été dépistée.

"Après leur arrivée à quai, l’isolement des 16 cas confirmés s’est poursuivi, en hôtel dédié, accompagné d’un contrôle strict, pour 15 d’entre eux. Cet isolement est aujourd’hui terminé", indique l'ARS, spécifiant qu'"un marin est hospitalisé".

Covid-19: Véran défend l'élargissement de la vaccination

En France, une vaccination ouverte à tous sans le dire ? Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a justifié mardi, au nom du "bon sens", l'ouverture aux injections pour tous les adultes sur simple déclaration d'une maladie chronique, au moment où les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 s'améliorent. "On a fait le choix du bon sens", a répondu le ministre sur Europe 1, interrogé sur une volonté du gouvernement d'ouvrir la vaccination "à tous", sans l'annoncer officiellement.

"J'aurais pu demander à quatre millions de Français", les 18-50 ans obèses ou atteints de maladies chroniques, "d'aller chez leur médecin, embouteiller les cabinets médicaux en pleine vague épidémique, pour leur demander une attestation selon laquelle ils auraient une maladie", a-t-il développé, mais "je fais confiance aux Français". "Il y aura peut être des stratégies de contournement mais ce sera à la marge", a assuré Olivier Véran, en ajoutant qu'il appartenait "aux équipes médicales dans les centres (...) de faire le point avec les gens qui viennent se faire vacciner".

Depuis samedi, la vaccination est ouverte à tous les adultes atteints de maladies chroniques les exposant à une forme grave de Covid-19. Le ministère de la Santé a précisé qu'aucune prescription médicale ne serait exigée.

L'objectif des 20 millions de primo-vaccinés au 15 mai encore atteignable ?

Enfin, le gouvernement voit s'approcher la date du 15 mai, pour laquelle il a promis 20 millions de premières injections, un cap désormais ambitieux, 16,4 millions de premières doses - et 6,9 millions de secondes doses - ayant été injectées à ce jour. "Ça ne se fera qu'avec un très haut niveau de mobilisation sur les week-ends et les jours fériés", "mais nous allons réussir à toucher cet objectif", assure-t-on au ministère de la Santé.

La France attend plus de flacons des quatre vaccins autorisés - 4,5 millions de doses par semaine en mai et 6,9 millions par semaine en juin - une période pendant laquelle le gouvernement espère supprimer les restrictions sanitaires les plus lourdes, jusqu'à la fin totale du couvre-feu le 30 juin. D'ici là, les terrasses, musées et cinémas vont pouvoir rouvrir le 19 mai, avant les restaurants le 9 juin.

La possibilité d'une décharge avant une injection d'AstraZeneca

La vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 n'est plus injecté aux moins de 55 ans en France, en raison de rares cas de thromboses. Mais pourrait-il bientôt être administré à tous ceux qui, conscients de ce risque minime, se portent volontaires ? Le ministre de la Santé Olivier Véran a saisi la Haute autorité de Santé (HAS) en ce sens, avançant l'hypothèse que les Français qui le souhaitent puissent signer une décharge.

"C'est dégager l'Etat de ses responsabilités", a estimé sur Europe 1 Jean-Paul Hamon, le président d’honneur de la Fédération des médecins de France. Et d'ajouter : "Cela m'étonnerait que cette proposition aille au bout."

Premier feu vert des députés à l'instauration d'un pass sanitaire

Les députés en commission ont donné un premier feu vert à l'instauration d'un "pass sanitaire" pour l'accès à des rassemblements de plus de 1.000 personnes, malgré de vives réticences chez certains élus.

Des députés de la majorité emmenés par la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, ont mis des garde-fous en amendant le projet gouvernemental, pour exclure explicitement les activités du quotidien du périmètre du futur "pass sanitaire". C'est "à l'issue" du débat parlementaire que "les Français pourront savoir le périmètre exact de ce pass", a expliqué mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à la sortie du Conseil des ministres. 

Mardi, le Conseil scientifique a recommandé un "pass sanitaire, utilisé de manière temporaire et exceptionnelle" pour "permettre à la population une forme de retour à la vie normale"

Lente décrue des hospitalisations

La situation reste toujours très tendue dans les hôpitaux, avec plus de 5.400 malades du Covid-19 dans les services de réanimation mercredi. Un niveau continuant toutefois de s'éloigner de la barre des 6.000 dépassée le 26 avril. Mais les derniers chiffres de l'épidémie incitent à l'optimisme. La baisse continue des nouveaux cas de Covid-19 et la hausse du nombre de vaccinés semblent faire baisser le nombre d'entrées à l'hôpital : 27.686 patients Covid s'y trouvaient mercredi, soit 741 de moins que la veille. 

Un total de 244 personnes sont mortes du coronavirus à l'hôpital entre mardi et mercredi, portant le bilan à 105.631 morts en France. La semaine dernière, 28.000 personnes ont été testées positives en moyenne chaque jour de lundi à vendredi, contre 36.000 la semaine précédente.

Dans l'immédiat, le Haut conseil de la santé publique recommande d'"ouvrir les fenêtres au moins 5 minutes toutes les heures" dans les lieux qui reçoivent du public, notamment les écoles, et de mesurer le renouvellement de l'air avec des capteurs de CO2 pour mieux combattre le Covid-19. 

Le G7 appelé à muscler les campagnes de distribution de vaccins aux pays pauvres

Appelés par l'OMS à la solidarité face à la pandémie, les pays riches du G7 - Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni -, discutent mercredi lors d'une réunion à Londres des moyens d'assurer une distribution plus équitable des vaccins anti-Covid. À l'heure où l'avancée des campagnes de vaccination en Europe ou aux Etats-Unis permettent une levée progressive des restrictions en place contre le coronavirus, les pays pauvres manquent encore cruellement de doses à injecter pour lutter contre la pandémie.

Le système de partage avec les pays pauvres Covax, qui se fournit principalement en vaccins d'AstraZeneca, patine : il n'a livré que 49 millions de doses dans 121 pays et territoires, contre un objectif de 2 milliards en 2021. Or la situation dramatique en Inde est venue rappeler que la crise du Covid-19 était loin d'être terminée.

Le Canada approuve le vaccin de Pfizer-BioNTech pour les adolescents dès 12 ans

Alors que Joe Biden, le président américain, indiquait mardi vouloir vacciner les adolescents avec le produit Pfizer-BioNTech si l'agence sanitaire américaine approuvait cette possibilité, le Canada a sauté le pas.  Le ministère canadien de la Santé a annoncé mercredi qu'il autorisait l'utilisation du vaccin anti-Covid Pfizer-BioNTech pour les adolescents dès 12 ans, le Canada devenant le premier pays à l'approuver à partir de cet âge.

Santé Canada a conclu que le vaccin est "sûr et efficace" pour prévenir le Covid-19 chez les adolescents âgés de 12 à 15 ans, après avoir réalisé un examen scientifique "rigoureux et indépendant des données probantes connues", a indiqué le ministère dans un communiqué. Ottawa avait initialement autorisé le vaccin pour les personnes âgées de 16 ans et plus.

En Inde, 6,7 milliards de dollars débloqués pour la santé

La Banque centrale de l'Inde est montée au créneau mercredi pour aider à contrer la deuxième vague de Covid-19 qui ravage le pays en annonçant 6,7 milliards de dollars de prêts bon marché au secteur de la santé. 

Le pays est actuellement submergé par une flambée de la pandémie qui asphyxie son système de santé. Elle a franchi le cap des 20 millions de cas officiellement recensés. Le géant asiatique a atteint plus de 222.000 morts et près de 20,3 millions de contaminations depuis le début de la pandémie. 

Certains experts ont estimé que la hausse du nombre des contaminations était susceptible de se prolonger jusqu'à la fin mai et d'atteindre 500.000 nouveaux cas par jour.

Plus de 3,2 millions de morts dans le monde

La pandémie a fait au moins 3.214.644 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mercredi. Les Etats-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de décès (578.500), devant le Brésil (411.588), l'Inde (226.188), le Mexique (217.740) et le Royaume-Uni (127.543).

Ces chiffres sont globalement sous-évalués. Ils se fondent sur les bilans quotidiens des autorités nationales de santé, sans inclure les réévaluations fondées sur des bases statistiques.

 

 

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP