Pourra-t-on bientôt signer une décharge pour recevoir le vaccin AstraZeneca ?

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Les Français pourront-ils bientôt signer une décharge pour recevoir une injection d'AstraZeneca ? 1:59
Les Français pourront-ils bientôt signer une décharge pour recevoir une injection d'AstraZeneca ? © LOIC VENANCE / AFP
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Le ministre de la Santé a saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) pour permettre à tous les volontaires qui le souhaitent de se faire vacciner avec le sérum AstraZeneca, pour l'instant réservé aux plus de 55 ans en France en raison de rares cas de thromboses.
DÉCRYPTAGE

Il n'est plus injecté aux moins de 55 ans en France, en raison de rares cas de thromboses. Mais le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 pourrait-il bientôt être administré à tous ceux qui, conscients de ce risque minime, se portent volontaires ? Le ministre de la Santé Olivier Véran a saisi la Haute autorité de Santé (HAS) en ce sens, avançant l'hypothèse que les Français qui le souhaitent puissent signer une décharge. Preuve que le gouvernement ne veut pas lâcher ce vaccin, qui fait l'objet d'une réelle défiance

"C'est dégager l'Etat de ses responsabilités"

La crainte se ressent dans les chiffres : depuis quelques jours, il n’y a plus que 27.000 injections quotidiennes avec AstraZeneca, contre 75.000 il y a deux semaines. Une réticence qui tombe au plus mauvais des moments, puisque la France vient de recevoir un stock de deux millions de doses - raison pour laquelle l'exécutif cherche de nouveaux moyens de les écouler. 

"On est vraiment très surpris que le gouvernement propose aux patients de signer une décharge", commente au micro d'Europe 1 Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la Fédération des médecins de France. "Parce qu'en fait, c'est dégager l'Etat de ses responsabilités", estime-t-il. "Cela m'étonnerait que cette proposition aille au bout."

Selon nos informations, la Haute autorité de santé ne se prononcera pas sur cette possibilité de décharge pour les patients. Mais elle pourrait peut-être élargir la vaccination aux moins de 55 ans, à condition de s'appuyer sur des données scientifiques solides. Si la HAS allait dans ce sens, l’idée serait aussi d’informer davantage les patients sur les risques, même minimes, du vaccin AstraZeneca.