Coronavirus : quand la mairie de Wuhan organisait un banquet géant juste avant le confinement

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Marie Holzman a critiqué dans une tribune la censure qu'exerce le Parti communiste 1:21
Marie Holzman a critiqué dans une tribune la censure qu'exerce le Parti communiste © Andrej ISAKOVIC / AFP
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La Chine n'a officiellement déclaré qu'un peu plus de 3.000 morts depuis le début de la pandémie. Marie Holzman, sinologue et spécialiste de la Chine contemporaine, a critiqué samedi au micro d'Europe 1 la censure qu'exerce le Parti communiste et rapporté la tenue d'un banquet de 40.000 familles, à Wuhan, juste avant le début du confinement.
INTERVIEW

L'épidémie de coronavirus aurait fait "seulement" un peu plus de 3.000 morts en Chine. Mais d'après de nombreux spécialistes, le régime ne révèle pas l'étendue réelle du drame qui s'est déroulé sur son sol. La sinologue Marie Holzman a co-signé une tribune parue dans les pages du Figaro posant la question : "Qui osera demander des comptes au régime chinois ?". Invité d'Europe 1 samedi, elle relate ainsi l'organisation par la mairie de Wuhan d'un immense banquet, juste avant l'annonce du confinement de la ville et de ses 11 millions d'habitants.

En janvier, alors que la province du Hubei préparait l'élection de ses députés, destinés à se rendre à Pékin, le parti communiste a organisé à Wuhan un immense banquet auquel étaient conviées pas moins de 40.000 familles. Marie Holzman décrit un repas "fastueux", où l'on retrouvait l'effigie de Xi Jinping jusque sur les assiettes, et où tous les invités se sont côtoyés sans protection. "Personne ne portait de masque..."

Soumission au pouvoir central

"On voit là encore que le gouverneur de la province du Hubei et le maire de Wuhan sont soumis au pouvoir central." La sinologue décrit des autorités locales déjà au courant de l'arrivée de l'épidémie de coronavirus. Pourtant, celles-ci se sont retrouvées paralysées, incapables de prendre des mesures pour protéger la population sans l'aval des dirigeants du parti.

Quelques jours plus tard, le 23 janvier, la ville était mise sous cloche et les célébrations du nouvel an annulées. Mais la tenue de ce grand rassemblement a inévitablement participé à la dissémination du virus.

Europe 1
Par Antoine Cuny-Le Callet