Infirmières menacées : 120 heures de travaux d'intérêt général pour un couple de "corbeaux"

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Les lettres anonymes enjoignaient les infirmières à quitter leur domicile. 1:27
Les lettres anonymes enjoignaient les infirmières à quitter leur domicile. © AFP
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Un couple a reconnu être impliqué dans des lettres anonymes visant leurs voisines infirmières et qui leur demandaient vivement "de déménager aussi vite et loin que possible". Au micro d'Europe 1, la directrice de la sécurité publique des Pyrénées-Atlantiques revient sur ces messages "qui sont très toxiques et qui circulent pré-rédigés sur internet". 

Si les soignants sont applaudis chaque soir à 20 heures, certains d'entre eux subissent les excès du confinement. Depuis plusieurs semaines, les plaintes déposées par le personnel hospitalier ont augmenté.  En cause, des lettres anonymes qui leur demandaient de déménager. À Bayonne, trois de ces corbeaux ont été identifiés et interpellés cette semaine. Parmi eux, un couple d'un peu moins de trente ans, qui a été condamné à 120 heures de travaux d'intérêt général. Le troisième individu, un homme d'une cinquantaine d'années, lui, nie les faits qui lui sont attribués et sera jugé prochainement. 

Des messages qui circulent pré-rédigés sur internet

Le couple a reconnu être impliqué dans ces lettres anonymes visant leurs voisines infirmières et qui leur demandaient vivement "de déménager aussi vite et loin que possible". C'est grâce aux empreintes relevées sur ces courriers anonymes que les policiers ont pu confondre les auteurs, explique Brigitte Pommereau, la directrice de la sécurité publique des Pyrénées-Atlantiques.

"Les suspects ont expliqué qu'ils avaient peur de contracter le Covid-19", raconte-t-elle au micro d'Europe 1. Mais ce qui a provoqué une telle peine, c'est l'origine des messages. "Ils sont très toxiques et circulent pré-rédigés sur internet", explique Brigitte Pommereau.

Les lettres sont bien pénalement répréhensibles

"Il suffit pour les personnes qui manquent de discernement d'imprimer ce genre de textes. (...) Ce sont des messages qui ne contiennent pas de mots injurieux, ni de menaces ou de grossièretés. Mais qui sont rédigés sur un ton qui demande au personnel soignant de partir", poursuit la directrice de la sécurité publique des Pyrénées-Atlantiques.

Mais ces lettres sont bien pénalement répréhensibles. La police recommande d'ailleurs de ne pas les jeter si on en trouve dans son immeuble, mais d'appeler le 17 pour que, comme à Bayonne, une enquête puisse être ouverte. 

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Ariel Guez