L'espace en tête - L’espace revisité dans la science-fiction

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L'espace en tête est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, L'espace en tête, président du Centre national d'études spatiales (CNES), nous emmène à la découverte de l'espace. Aujourd'hui, l’espace revisité dans la science-fiction.

1609 : en tournant vers le ciel une lunette de sa fabrication, Galilée déclenche une véritable révolution. Non seulement il confirme l’héliocentrisme défendu par Copernic, mais il brise les sphères de cristal au milieu desquelles ses prédécesseurs avaient enfermé la Terre et ses habitants : l’univers est constitué par la même matière, régi par les mêmes lois. Quelques mois plus tard, Kepler en tire la conclusion que la navigation céleste est possible : un jour, l’homme quittera la Terre pour rejoindre d’autres mondes !

Alors que l’Occident poursuit l’exploration et la conquête de la Terre, les écrivains s’emparent sans tarder de ces nouvelles perspectives : The Man in the Moon de l’évêque Godwin est publié dès 1638, suivi par l’Histoire comique des Etats et Empires de la Lune en 1657 et l’Histoire comique des États et Empires du Soleil en 1662, rédigés par Cyrano de Bergerac. Le voyage dans l’espace, la rencontre avec les habitants de ces autres mondes deviennent des thèmes récurrents et favoris de la littérature. La fiction voisine avec le développement des sciences et des techniques, en même temps que la réflexion philosophique : Fontenelle mène galante conversation avec une charmante marquise à propos de la pluralité des mondes habités.

Au terme du 19ème siècle, les artistes profitent eux-mêmes des progrès technologiques : la naissance du cinéma offre les premières images au voyage dans l’espace. En 1902, s’inspirant de Jules Verne et De la Terre à la Lune, ou d’Herbert G. Wells avec Les premiers hommes dans la Lune, Georges Méliès réalise Le voyage dans la Lune. La science-fiction est née.

Il ne reste plus qu’à réaliser le rêve de Kepler. Grâce aux travaux de pionniers comme Konstantin Tsiolkovski, Robert Goddard, Hermann Oberth ou Robert Esnault-Pelterie, les fondements de l’astronautique et de la navigation dans l’espace, sont posés au cours de la première moitié du 20ème siècle. L’Union Soviétique et les États-Unis se lancent sans tarder dans la course à la Lune ; en 1965, la France devient la troisième puissance spatiale, avant de s’engager dans la construction de l’Europe spatiale. Aujourd’hui, plus aucun Terrien ne pourrait vivre dans l’apport des techniques spatiales.

Mais la fiction ne s’arrête pas pour autant : alors que les Américains se préparent à envoyer deux hommes sur la Lune et David Bowie à entonner Space Oddity, Stanley Kubrick réalise, quelques mois auparavant, 2001 L’odyssée de l’espace d’après l’ouvrage d’Arthur C. Clarke.

Parce que ses frontières sont d’abord celles de notre savoir et de notre imagination, l’espace n’a donc pas fini d’habiter nos rêves.