L'espace en tête - Les débris spatiaux

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L'espace en tête est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, L'espace en tête, président du Centre national d'études spatiales (CNES), nous emmène à la découverte de l'espace. Aujourd'hui, les débris spatiaux.

Toute avancée humaine se traduit toujours par un impact sur son écosystème. Ainsi, les innombrables progrès réalisés à l’aide du spatial depuis 60 ans, observation de la Terre, sciences, télécommunications, etc… ont laissé des vestiges en orbite sous forme de débris de tailles et de formes variés.

Leur masse et leur nombre n’ont cessé de croître depuis 1957 pour atteindre aujourd’hui 7.500 tonnes et 30.000 objets de plus de 10 centimètres.

Pour impressionnants que peuvent sembler ces nombres, il faut les relativiser : la masse en orbite reste relativement faible et la densité d’objets dans la zone orbitale la plus peuplée n’est que d’un objet de la taille du poing par cube de 100 kilomètres de côté. Malheureusement, ces rares objets ont des durées de vie en orbite mesurées en siècles, pendant lesquels ils se déplacent à des vitesses relatives considérables, plusieurs kilomètres par seconde et ils génèrent des risques significatifs de collision.

Deux familles d’évènements sont redoutées. La rentrée aléatoire de gros débris, une fois par semaine en moyenne, débris qui généralement brûlent dans l’atmosphère avant de toucher le sol. Les collisions en orbite, qui peuvent tuer des satellites actifs et générer de nombreux nouveaux débris, amorçant potentiellement une réaction en chaîne connue sous le nom de syndrome de Kessler.

La communauté internationale s’est dotée de règlements visant à limiter la production et les effets des débris orbitaux : le CNES a été la troisième agence spatiale à adopter un standard sur les débris en 1999, après la NASA et la JAXA. Le texte du CNES a surtout servi de base à l’élaboration des règlements au niveau européen puis international. Enfin, la France a été le premier pays à se doter d’une vraie loi sur le sujet, la Loi portant sur les Opérations Spatiales, votée en 2008.

Ces standards, bien que très largement adoptés, sont mal respectés à ce jour au niveau mondial : seuls 20% des objets placés à plus de 600 kilomètres d’altitude sont conformes à la réglementation. Plusieurs centaines de très petits satellites de type cubesats, sans capacité d’évitement de collision, sont lancés chaque année et l’émergence des méga-constellations dans un avenir proche risque de peser lourdement sur l’évolution du nombre d’objets orbitaux : près de 20.000 satellites sont annoncés dans les 10 ans à venir.

Les débris orbitaux représentent un risque vis-à-vis de la pérennité à moyen terme des opérations spatiales. Il convient de ne pas relâcher l’effort engagé il y a plus de 20 ans et d’essaimer l’exemplarité des agences vertueuses comme le CNES. C’est la condition nécessaire pour un développement durable des activités spatiales.