Et si vous mettiez un peu de conscience dans vos pas ?

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Antidote est une chronique de l'émission La vie devant soi
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Avec l'arrivée de l'automne et des feuilles humide sur le trottoir, il est temps de réapprendre à marcher pour éviter les chutes et les moments de solitude.

Anne, j’ai comme l’impression que vous allez nous faire marcher aujourd'hui…

Oui, et j’ai envie de dire, comme le pays depuis cinq mois, ça ne vous aura pas échappé. On est toujours seul au fond. Si, si, regardez bien ! Surtout dans ces moments bien nommés dits "de solitude" que l’on vit, durant l’automne quand on se fait quelques frayeurs ou quelques dérapages contrôlés grâce au combo magique feuilles d’automne-pavé glissant. Oui, peut-être que vous aussi, vous vous êtes déjà rattrapé au réverbère dans un magnifique "triple lutz piqué pointe de pied tendu" pour échapper aux trois mois de plâtre. Peut-être que dans ces premiers signaux forts de pertes d’équilibre, vous vous êtes dit : "Et si au fond, je manquais d’ancrage ?" Peut-être ? Peut-être aussi que ces talons de 12 centimètres n’y sont pas pour rien et qu’il vous faut revenir au contact de la terre !

Alors comment fait-on pour réapprendre à marcher ?

On va désapprendre, pour réapprendre. Ou en tout cas,.. mettre un peu de conscience dans nos pas. D’abord, on peut, pour une fois, regarder cette 153ème vidéo de Bénédicte, votre amie d’enfance, qui poste régulièrement sur Facebook, sa progéniture sous toutes ses coutures. Oui, pour une fois, peut-être qu’on peut regarder avec attention son bébé d’un an, qui expérimente, prend ses appuis, pousse sur ses petites menottes, se dresse, et retombe sur sa couche. Oui, on peut admirer cette détermination de l’enfant devant l’épreuve, cette abnégation devant le challenge et surtout, surtout, cette magnifique leçon de courage, qu’il nous donne, là, dans sa turbulette à pois ! Car oui, ça n’est pas parce qu’il tombe 546 fois qu’il abandonne pour autant ! Inspirant, non ? Ça interpelle quand même, et peut nous interroger. Et moi ? A quel moment est-ce que je me résigne dans ma vie ? A quel moment, je lâche l’affaire quand ça ne marche pas ? Quand je chute ? Est-ce qu’au premier coup d’essai non concluant, je rends mon tablier, et décide de passer à autre chose, en enterrant au passage mes rêves et mes projets ?

Oui, ce petit homme en devenir, du haut de ses 70 centimètres, nous montre que le succès, c’est aller d’échec en échec. Et lui, il l’a déjà compris. Nous aussi d’ailleurs. La vie, et tous nos conditionnements, notre éducation, ont simplement fait que nous l’avons oublié ! Alors, oui, admirer ce début d’autonomie chez le tout-petit, pour se rappeler comment on pose un pied, comment on prend appui dessus et comment on se relie à la terre… Dès le saut du lit, on peut prendre son temps pour poser ses deux pieds au sol en se levant, en prenant le temps de bien ancrer son talon et en déroulant tranquillement le pied, en mesurant toute la mécanique du pas qui se met en marche, en mettant de la conscience sur cet automatisme. En expérimentant le parquet, le carrelage, la moquette… Evidemment, ce petit exercice de marcher le plus lentement possible est idéal à expérimenter dans l’herbe, dans le jardin ou dans la forêt, sur un tapis de feuilles mortes ou sur un tapis de mousse. Personnellement, mon endroit préféré pour le faire est sur une plage, juste à l’orée de l’eau, là où le talon s’enfonce bien dans le sable et où on peut se laisser caresser le pied par l’océan.

Et puis, on peut allier le corps et l’esprit en posant une intention à notre marche consciente. On peut apposer un message positif à notre marche. On peut se répéter, "j’ai confiance en la vie, je marche vers mon bonheur", quand on est sur du plat. Et puis dès que ça monte un peu, dès que des escaliers se présentent, pourquoi pas se répéter : "Je prends un peu de hauteur dans ma vie !"