Emploi : l'optimisme de Stéphane Le Foll est-il justifié ?

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Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, s'est réjoui de l'inversion de la courbe du chômage en expliquant notamment, que le nombre de chômeurs de moins de 25 ans avait considérablement baissé. Vrai ou faux ?

Le porte-parole du gouvernement, tout à sa joie hier de saluer l’inversion de la courbe du chômage, s’est réjoui d’un fait décoiffant : il y aurait moins de jeunes sans emploi : "Le nombre de chômeurs de moins de 25 ans est inférieur aujourd’hui à celui qu’il y avait en 2012 quand nous sommes arrivés de 10 000 jeunes de moins de 25 ans." 

Je ne veux pas doucher l’optimisme de Stéphane Le Foll. Alors Si l’on regarde les statistiques, avec un œil fermé, le droit, on ne voit que la colonne A, celle des gens qui ne travaillent pas du tout, et là, c’est vrai, on s’aperçoit qu’il y a 10 000 jeunes de moins dans cette catégorie. C’est symbolique parce que c’est la première fois, depuis cette date, mai 2012, qu’on repasse sous la barre des 500 000. Mais si on ouvre les deux yeux, et qu’on regarde toute la statistique, là le tableau est un peu moins rose.

Le chômage des jeunes ne baisse pas, il augmente. Considérablement même, si l'on prend en compte toutes les catégories. Alors lesquelles retenir ? Le débat est éternel, et le gouvernement selon les mois regarde la colonne qui l’arrange. Alors on va faire un exercice de bon sens. Est-ce qu’on peut considérer qu’un jeune en formation pour 6 mois, n’est plus au chômage ? C'est un peu prématuré... C’est la colonne D, on la retient.

Est-ce qu’un jeune qui travaille une poignée d’heures dans le mois, 30, 50 heures, (au smic horaire ça fait moins de 400 euros nets) est sorti du chômage ? C'est de l'emploi très partiel... Colonne B, on la garde. Donc si l’on additionne ces trois catégories, pas de travail, tout petit boulot, ou formation : il y a aujourd’hui 2200 jeunes chômeurs de plus qu’en mai 2012. Ça reste une bonne nouvelle parce qu'on voit une stabilisation. Mais attention, cela exclut la cohorte d'emplois précaires, 40 000 de plus. Et les contrats aidés, ils ont constamment augmenté depuis 2013. 116 000 en ce moment sont en contrats d’avenir, par exemple. Et ça c’est un risque pour demain car en majorité ils sont employés par des associations.