Les promesses d’embauche en CDI s’envolent. Vrai ou Faux ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a déclaré sur BFMTV qu'il y avait une nette augmentation des promesses d’embauche en CDI. Vrai ou Faux ?

Alors qu’Edouard Philippe a entamé hier, sa série d'entretiens pour évaluer ses ministres, le porte-parole du gouvernement délivre une bonne note globale. Les résultats d’un an de politique marron se font déjà sentir selon lui, notamment sur le front de l’emploi.

Benjamin Griveaux, BFMTV, 8h49 : "Il y a une augmentation comme jamais des promesses d’embauche en CDI".

Les promesses d’embauche en CDI s’envolent. Vrai ou Faux ?

C’est vrai. Selon les organismes de sécurité sociale, le nombre d’embauches signées en CDI progresse, dans un marché de l’emploi qui reste dynamique, il a repris de la vigueur depuis la mi-2014. 15,3% de l’ensemble des contrats signés cette année étaient des CDI, c’est deux points de plus qu’en 2016. Donc oui, en effet, c’est un signe très encourageant. Maintenant il faut relativiser.

Quand on parle d’embauche signées, on parle de flux sur le marché du travail : il y a des gens qui arrivent, des gens qui s’en vont, des emplois détruits. Les embauches peuvent être dynamiques sans que cela impacte massivement le taux de chômage. Et l’an dernier en fait, on a tout juste retrouvé le même nombre d’emplois salariés que comptait la France en 2008, donc il y a dix ans, avant que la crise ne frappe. Et ce sont les services essentiellement qui portent cette reprise dans la construction, l’industrie, on est loin, d’être tirés d’affaire.

Les intentions d’embauche s’envolent aussi pour 2018.

Oui. Même si là aussi, il faut être prudent : tous les ans Pôle emploi interroge un panel d’entreprises pour savoir quels sont leurs projets de recrutement. Elles en ont beaucoup pour 2018, mais attention, seulement un quart d’entre elles répondent, et puis ce qu’elles déclarent ne se réalise pas toujours. Donc oui, la confiance est revenue, l’emploi est plus dynamique.

On a eu la reprise de l’intérim, qui se traduit maintenant par des embauches plus durables. Mais cela reste fragile, et c’est ce que dit l’Insee dans sa dernière note : les incertitudes sur de possibles guerres commerciales, sur l’avenir de la zone euro, pèsent sur l’activité. Et en France, la baisse du pouvoir d’achat au premier trimestre, et l’état dégradé de nos finances aussi.

La croissance sera moins forte que prévu cette année, et les recrutements du coup, probablement moins nombreux. Le défi du gouvernement va être de compenser ce coup de mou en accentuant ses réformes : celle de la formation notamment. Les employeurs qui veulent recruter ont du mal à le faire, disent-ils. Soit parce que les salaires qu’ils proposent sont trop bas, ils pourraient augmenter, soit, parce qu’ils ne trouvent pas, dans leur bassin d’emploi, les bonnes compétences.