97% des Francais mangent de la viande. Vrai ou Faux ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Les attaques de boucherie, attribuées à des militants vegan, sont de plus en plus fréquentes. Jean-François Guihard, président de la Confédération des Bouchers-Charcutiers, dénonce un climat délétère. Il a notamment expliqué que 97% des Français mangent de la viande. Vrai ou faux ?

Dans la nuit de mercredi, une nouvelle boucherie a été vandalisée à Angers. Des attaques de plus en plus fréquentes attribuées à des militants vegan. La profession demande la protection de l’État. Jean-François Guihard, président de la Confédération des Bouchers-Charcutiers, dénonce un climat délétère.

"On ne demande pas grand chose, on demande à travailler gentiment. Aujourd'hui il y a 97% de gens qui mangent de la viande, qu'on les laisse manger tranquillement".

 97% des Francais mangent de la viande. Vrai ou Faux ?

 C’est vrai. On a tendance à l’oublier tant les émissions consacrées aux nouvelles pratiques alimentaires sont nombreuses : aujourd’hui, selon l’enquête alimentaire que réalise l’ANSES et qui est la source la plus fiable, seuls 1 à 3% des Français sont végétariens (ce nombre stagne depuis des années), et le nombre de vegans, c’est à dire ces gens qui vivent sans consommer aucun produit issu des animaux, et confidentiel. Ils sont à peine 200 000 en France, selon la dernière enquête, publiée cette année, de l’Observatoire Société et Consommation.

Donc oui, 97% des Français consomment de la viande, et l’ensemble des produits animaux contribuent à 60% de nos apports protéiques. La consommation de viande recule, c’est vrai, mais de façon moins spectaculaire qu’on ne le dit : chaque français en consomme toujours 85 kilos (équivalent carcasse) par an. C’est moins que dans les années 90, mais 10 kilos de plus qu’en 1970. Ce qui change, en réalité, c’est la nature de ce qu’on consomme (moins de viande rouge, plus de poulet), et nos comportements.

La consommation de viande a flambé après-guerre, avec l’augmentation du niveau de vie, l'agriculture moderne, mais depuis un pic atteint en 1998, elle décroit : on en revient à un mode plus raisonnable de consommation.

Est-ce qu’on peut parler de phénomène purement médiatique ?

Non. Parce que les changements sociétaux sont réels, profonds, et ils sont le fruit de plusieurs facteurs. Le prix de la viande a augmenté. Il y a eu les scandales sanitaires (qui nous ont écarté de la viande rouge), la prise de conscience des problèmes de santé et d’environnement liés à la surconsommation. Et puis la question de la souffrance animale, oui, conduit de plus en plus de gens à rechercher des modes de production plus respectueux. Tout cela a créé une tendance lourde, dans laquelle le MARKETING s’engouffre.

Les grands groupes ont flairé la niche : DANONE, Nestlé, Unilever, les distributeurs Carrefour ou Monoprix… Tous développent des lignes vegan. C'est dans leur intérêt : un steak végétal coûte beaucoup moins cher à produire, et ça leur permet de dégager de très jolies marges.

Ce lobby inonde les rédactions d’études sur les nouvelles tendances, avec l’objectif de capter la clientèle des indécis, qu'on appelle les « flexitariens ». Ce sont les gens qui doutent, qui achètent un peu de vegan, un peu de viande… Aujourd'hui, cela représente 8% des Français, mais ils sont potentiellement beaucoup plus nombreux : 56% des Français déclarent souhaiter réduire leur consommation de viande.

Ils sont très sensibles aux campagnes de communication sur toutes sortes de dangers, et s'inquiètent plus, aujourd'hui, explique l’observatoire Société et Consommation, des poisons qui se cacheraient dans nos aliments, que de leur teneur en sucre, par exemple. Une formidable aubaine pour la filière vegan.