L'intérim toujours au fond du trou en avril, avec une chute de 61%

Le BTP est le secteur le plus touché par la baisse des emplois en interim.
Le BTP est le secteur le plus touché par la baisse des emplois en interim. © Ludovic MARIN / AFP
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Europe 1 avec AFP
Après un plongeon de 70% à la fin mars, le secteur de l'intérim a chuté de 61% en avril du fait du confinement, en particulier dans le BTP et l'industrie. Pour le mois de mai, la baisse pourrait être de 50%. 

Après un plongeon de 70% à la fin mars, le secteur de l'intérim a chuté de 61% en avril du fait du confinement dû au coronavirus, en particulier dans le BTP et l'industrie. Le mois de mai pourrait lui enregistrer une baisse de 50%, selon la fédération Prism'emploi, qui regroupe les entreprises du secteur. "Les secteurs qui ne se sont pas arrêtés n'ont pas permis de compenser", a expliqué Gilles Lafon, président de la fédération, à l'occasion d'une conférence de presse téléphonique jeudi. 

 

Une baisse quatre à cinq fois plus importante que lors de la crise de 2009

Pour la deuxième quinzaine de mars, Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de Prism'emploi, parle d'un "véritable effondrement", "quatre à cinq fois plus important" que lors de la crise de 2009. Ces chiffres se sont déjà traduits dans l'estimation Insee du 1er trimestre de l'emploi salarié privé, où plus de 450 000 emplois ont été détruits, dont une part importante dans l'intérim.

Pour le mois d'avril, entièrement confiné, la baisse est de 61%, ce qui représente 475 000 emplois en moins au regard d'avril 2019. "L'activité partielle a joué son rôle d'amortisseur", a ajouté Isabelle Eynaud-Chevalier, quand elle pouvait jouer. Près d'un quart des intérimaires ont été en chômage partiel en avril.

Le BTP, secteur le plus touché

Le secteur le plus touché a été le BTP, avec une baisse de 80%, suivi de l'industrie, qui à eux deux représentent 60% du secteur de l'intérim en France. Ils sont suivis par les services et les commerces avec une baisse "entre 55 et 65%", et transports et logistique (-30%). Logiquement, l'emploi ouvrier a été le plus touché. 

 

 

En mai, Isabelle Eynaud-Chevalier, perçoit "un frémissement de reprise" et anticipe "une baisse qui pourrait être de 50%".

Des discussions avec les partenaires sociaux ce jeudi

Alors que les partenaires sociaux sont attendus ce jeudi à l'Elysée pour évoquer notamment l'emploi, la fédération s'est dite favorable à "un allègement de charges plus important pour les jeunes". Le secteur est aussi favorable à la poursuite de l'activité partielle à taux plein pour les secteurs qui n'ont pas repris, comme la restauration. En revanche, la fédération s'est dite "prudente" sur le nouveau dispositif d'activité partielle voté par l'Assemblée cette semaine, qui va concerner "plutôt les salariés permanents".

Elle a aussi marqué sa préférence pour la formule du CDI intérimaire, qui permet une rémunération minimum entre des missions, plutôt qu'un nouveau contrat "CDI à des fins d'employabilité" que certaines entreprises du secteur veulent utiliser. Jugé "moins satisfaisant", ce contrat méconnu à destination des personnes éloignées de l'emploi, et permis par la loi avenir professionnel de 2018, génère "une concurrence pas saine" avec le CDI intérimaire.