Entreprises : des étalements et annulations partielles de dette à l'étude, selon Le Maire

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D'ici quelques semaines, un dispositif de concertation et de conciliation va être proposé par le ministère de l'Économie, comme l'a annoncé Bruno Le Maire mercredi. Son but ? "Proposer une solution sur mesure" aux entreprises endettées pour franchir cette crise du coronavirus.

Le ministère de l'Économie proposera "d'ici quelques semaines un dispositif de concertation et de conciliation" pour étaler ou annuler partiellement des dettes d'entreprises au cas par cas, a déclaré mercredi Bruno Le Maire sur RMC/BFMTV. Le ministre de l'Économie a reconnu qu'il y avait des "entreprises qui sont face à un mur de dette" face au Covid-19, non pas à cause du prêt garanti par l'Etat (PGE), mais à cause des autres prêts qu'elles n'arrivent plus à rembourser à cause de leur manque d'activité.

"Je proposerai d'ici quelques semaines un dispositif de concertation et de conciliation qui doit permettre à toutes les entreprises qui sont en train d'arriver face à ce mur de la dette, de leur proposer une solution sur mesure", a déclaré Bruno Le Maire. "Au ministère de l'Économie, on a tous les signaux d'alerte nécessaires, en liaison avec la Banque de France, pour savoir quelles sont les entreprises qui commencent à avoir un vrai problème d'endettement", a-t-il expliqué.

Annulation partielle de dette ?

La concertation permettra de réunir l'État, le commissaire aux comptes, les représentants du tribunal de commerce et les banquiers pour "qu'on dise au cas par cas, cette entreprise-là elle est en difficulté, elle est face à un mur de dette, on voit venir le problème", a détaillé le ministre. "On ne va pas attendre que l'entreprise se prenne le mur, on va regarder sa situation, l'étudier tous ensemble et voir s'il faut étaler sa dette, voire annuler sa dette en partie", a-t-il promis. "Une entreprise saine, elle doit pouvoir survivre à la crise".

Bruno Le Maire a cité les PME de l'aéronautique qui "vont rebondir dans deux ans ou trois ans mais il se trouve qu'elles sont dans un secteur d'activité qui est tellement fragilisé qu'elles ne vont pas y arriver". Une annonce bienvenue pour la députée européenne Place publique et économiste Aurore Lalucq, qui dénonce cependant un "deux poids deux mesures" auprès de l'AFP.

"Rationalité économique"

"On retrouve une forme de rationalité économique parce qu'il fallait faire ces annulations, une sorte de subvention, mais pourquoi ne pas la partager à l'ensemble du pays? Il faut soutenir tout le monde, en particulier les chômeurs et étudiants, avec des critères de justice sociale et environnementale", a-t-elle estimé.

Selon une étude publiée mercredi par le cabinet Altares, les défaillances d'entreprises sont en recul de 32,1% sur un an au premier trimestre 2021, mais 79% des jugements mènent désormais directement à la liquidation de l'entreprise, "du jamais vu depuis 20 ans.