Dette : le taux français à 10 ans repasse au-dessus de 0%, une première depuis juin 2020

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dette économie Bercy déficit
Dans un contexte de crise, les taux d'intérêt des pays développés ont plongé depuis l'an dernier. © LOIC VENANCE / AFP
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Pour la première fois depuis juin 2020, le taux d'intérêt sur la dette française à dix ans est repassé en positif, alors qu'il était descendu à -0,38% en décembre dernier. Avec cette hausse, également observée dans d'autres pays, pousse les investisseurs à se désintéresser des actions pour les obligations d'État.

Le taux d'intérêt sur la dette française à dix ans est repassé jeudi en territoire positif pour la première fois depuis juin 2020, reflétant des craintes inflationnistes toujours vives aux États-Unis, malgré les propos rassurants du président de la Fed. Le taux à dix ans sur le marché français secondaire, le marché "de l'occasion" où s'échange entre investisseurs la dette déjà émise par les États, évoluait à 0,014% vers 12h40, selon le fournisseur de données financières Bloomberg.

"Période d'incertitude"

C'est la première fois depuis le 10 juin 2020 que cette échéance de référence, très surveillée pour les comparaisons internationales, évolue au-dessus de la barre symbolique de 0%. Elle était descendue au plus bas en clôture jusqu'à -0,38% le 11 décembre dernier.

Les taux se tendaient aussi à l'échelle internationale : le "Bund", le taux allemand à dix ans, référence en zone euro, évoluait à -0,25%, niveau inédit depuis fin mars 2020, pendant que le taux américain montait jusqu'à 1,44%, un nouveau plus haut depuis un an. "Le marché reste dans une période d'incertitude", commente Christopher Dembik, directeur associé chez Berenberg, observant qu'une poursuite de la hausse du taux américain au-dessus du seuil psychologique de 1,50% pourrait enclencher une chute des actions. La hausse des taux sur les marchés obligataires encourage les investisseurs à se délester d'actions pour acquérir des obligations d'État, devenues plus rémunératrices.

Éviter une crise de la dette

Les taux d'intérêt des pays développés ont plongé depuis l'an dernier en raison des programmes de rachats massifs de dette publique des banques centrales, principalement américaine et européenne, afin de soutenir les États qui doivent massivement emprunter en période de crise économique liée à la pandémie de Covid-19.

Ces programmes de soutien ont permis de ne pas voir s'envoler les taux d'emprunt réclamés par les investisseurs lorsque les dettes publiques ont fortement augmenté partout en Europe, dépassant les 116% pour la France, et ont permis d'éviter par là même une crise des dettes souveraines comme au tournant des années 2010.