Le vaccin des entreprises Pfizer et BioNTech fonctionne grâce à l'ARN Messager. 1:55
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, édité par Jonathan Grelier
De nombreux laboratoires à travers le monde se lancent sur le développement de vaccins à ARN messager après les succès des produits de Pfizer-BioNTech et Moderna. Ces succès "libèrent vraiment les innovations, les budgets, les finances", observe Bernard Verrier, directeur de recherche du CNRS, vendredi sur Europe 1.

Les succès des vaccins anti-Covid à ARN messager de Pfizer-BioNTech et Moderna ont donné des idées à leurs concurrents. Désormais, de nombreux laboratoires du monde entier travaillent à mettre en au point ce type de vaccins. Le prochain sur la liste à avoir des résultats devrait être le laboratoire allemand CureVac, dont le produit devrait être disponible vers le mois de mai. Au total, pas moins d'une douzaine d'autres sociétés pharmaceutiques sont dans les starting-blocks pour rester à la pointe de la recherche sur ce qui s'apparente à un nouvel eldorado.

 

"Ça libère vraiment les innovations, les budgets, les finances"

En mars dernier, le Français Sanofi a ainsi lancé des essais cliniques de phase 1 et 2 en coopération avec une biotech américaine. Le vaccin pourrait être disponible courant 2022. Mais les essais ne fleurissent pas seulement en Europe. Ils sont également lancés par des laboratoires chinois, japonais ou encore indiens.

Et c'est bien la réussite de Pfizer-BioNTech et Moderna qui a dopé la recherche sur ces vaccins, selon Bernard Verrier, directeur de recherche du CNRS à l'Institut de biologie et de chimie des protéines. "Ça libère vraiment les innovations, les budgets, les finances", souligne-t-il vendredi sur Europe 1. Pour le chercheur, un véritable "mouvement de fond" est à l'oeuvre concernant les travaux sur la "vaccination à ARN. Celle-ci pourrait être bénéfique dans la lutte contre d'autres maladies. "Ça va débloquer d'autres pathologies avec des vaccins contre le sida, contre le cancer... C'est clair que ça suscite énormément d'enthousiasme !"

Rien que pour le Covid-19, cette technologie n'en est qu'à ses débuts, selon les scientifiques. En décembre dernier, il fallait ainsi stocker des super-congélateurs à une température de - 80°C pour stocker les vaccins de Pfizer-BioNTech. Aujourd'hui, on sait les conserver à - 20°C seulement et dans quelques mois, on devrait pouvoir les conserver à température ambiante. Plus de laboratoires en course sur les vaccins à ARN messager signifie enfin que davantage de doses devraient être disponibles dans le monde dans les années à venir.