Renault, Total, Airbus... les industriels français durement frappés par le coronavirus

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Renault enregistre un déficit de 7.3 milliards d'euros
Renault enregistre un déficit de 7.3 milliards d'euros © BERTRAND GUAY / AFP
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Le coronavirus a frappé durement les grands groupes industriels français. Les résultats de plusieurs entreprises du CAC 40 sont dans le rouge et accusent de lourdes pertes nettes semestrielles. Total et Renault ont particulièrement souffert, mais pour le groupe au losange, les problèmes datent d'avant la crise.

C'est la panne sèche pour Renault et Total. Les comptes de l'entreprise automobile affichent un trou abyssal de 7 milliards 300 millions d'euros. Chez Total, c'est huit milliards d'euros de pertes nettes constatés. Si la chute de ces deux firmes sont les plus spectaculaires, d'autres géants industriels sont aussi dans le rouge : Arcelormittal et EDF paient durement la crise du coronavirus tout comme Airbus ou JCDecaux. Mais pour Renault, tout ne s'explique pas que par la pandémie.

Quelques entreprises limitent la casse

Tous les types de transports ont été freinés voire arrêtés pendant deux mois. Comme les constructeurs automobiles, le secteur de l'aviation a vu ses ventes diminuer : Airbus perd ainsi près de deux milliards d'euros. Et c'est un effet en chaîne du coronavirus : si les usines s’arrêtent et que l'on ne roule ou ne vole plus, cela signifie que personne ou presque n'a besoin d'acier ou de pétrole. Arcelormital est dans le rouge et Total accuse sa première perte trimestrielle depuis 2015, de plus de 8 milliards d'euros.

Dans le secteur de l'énergie, EDF annonce jeudi matin une perte de 700 millions d'euros. JCDecaux, la star de l'affichage, plonge également dans le rouge, la faute à des budgets publicitaires sacrifiés car inutiles pendant la crise. Seule consolation pour Renault, le groupe Volkswagen annonce, lui aussi, près d'un milliard et demi d'euros de pertes. Certains secteurs réussissent néanmoins à s'en sortir. C'est le cas de l'alimentaire avec Danone et Nestlé qui affichent ce matin des résultats dans le vert. C'est positif également pour Orange dans la téléphonie ou Hermès dans le luxe.

Pour Renault, la crise du coronavirus n'a fait qu'aggraver les problèmes

Dans le cas d'EDF, mais surtout de Renault, le coronavirus ne peut néanmoins pas être tenu pour seul responsable. En effet, Renault va mal et ces résultats sont un peu le reflet de tous ces maux qui existaient avant le coronavirus. Une bonne partie de cette perte s'explique par les déboires de Nissan. Le constructeur japonais est en complète sortie de route, Il perd beaucoup d'argent et cela pèse sur les comptes de Renault. Le groupe automobile français lui-même n'est pas en forme depuis des mois. Sa gamme n'est plus adaptée à la demande actuelle, contrairement à Peugeot qui est devenu l'un des constructeurs généralistes le plus rentable de la planète.

La direction de Renault le reconnaît, ces résultats sont très mauvais. Mais Jean-Dominique Senart se veut rassurant pour l'avenir. Il promet que ces difficultés sont en voie de guérison et Renault va retrouver la place qu'il mérite. Même son de cloche pour le directeur général de l'entreprise, Luca de Meo : "La situation est sans précédent, elle n'est pas sans appel." Cela passe par des mesures d'économies, que le groupe avait déjà annoncé fin mai : 15.000 suppressions d'emplois dans le monde, dont 4.600 en France.

Europe 1
Par Emmanuel Duteil, édité par Guilhem Dedoyard