"Une vraie descente aux enfers" : le désarroi des malades longue durée du Covid-19

, modifié à
  • A
  • A
1:55
© AFP
Partagez sur :
Si la plupart des patients atteint par le coronavirus guérissent en deux semaines, pour d’autres, les symptômes persistent longtemps après s’être déclarés, voire ressurgissent. Deux études ont été lancées pour comprendre et tenter de venir en aide à ces malades aujourd’hui totalement désemparés.
TÉMOIGNAGE

La pression hospitalière liée au Covid 19 continue de diminuer, depuis plus de 40 jours. 1 655 malades sont encore dans les services de réanimation, contre plus de 7.000 le 9 avril, au pic de l'épidémie. Mais la sortie de réanimation, même une sortie de l'hôpital, ne signifie pas, pour certains patients, la fin de la maladie.  Ceux chez qui le Covid-19 persiste, plusieurs semaines après s'être déclaré, voire ressurgit ! Deux études ont été lancées en France, les médecins veulent comprendre ! Et les malades, aussi.

"Personne n’arrive à nous fournir de réponses"

Geneviève souffre ainsi depuis plus de deux mois maintenant. Pourtant, ses examens médicaux montrent la disparition du coronavirus de son organisme. Aucun médecin n’a pu lui apporter de réponse. A 36 ans, Geneviève ne peut plus vivre seule, sa mère s’occupe d’elle. "Dès que je me mets debout, mon pouls se met à battre à 100, 110, 120, donc je reste au repos complet, allongée", raconte cette malade à Europe 1.

 

"Le plus handicapant, c’est vraiment les oppressions thoraciques. Aujourd’hui, ce qui est particulièrement horrible, c’est que personne n’arrive à nous fournir de réponses. C’est une vraie descente aux enfers", poursuit Geneviève.

"Pour les pistes thérapeutiques, c’est le flou le plus artistique"

Et il ne s'agit pas là d'un cas isolé. "On a quand même plusieurs personnes qui décrivent des fatigues invalidantes, perte du goût, perte de l’odorat, au-delà du cinquantième jour", témoigne le professeur Gilles Pialloux, est chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon à Paris. "Pour les pistes thérapeutiques, c’est le flou le plus artistique. On apprend tous les jours sur cette maladie, qui a vraiment été sous-estimée."

 

En attendant de comprendre cette lente guérison, Geneviève partage son expérience sur les réseaux sociaux avec d’autres malades.

Europe 1
Par Yasmina Kattou, édité par Rémi Duchemin