Un accès prioritaire aux tests grâce à StopCovid : l'impossible idée du gouvernement

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StopCovid
StopCovid a été téléchargé 2,3 millions de fois pour seulement 180 notifications envoyées. © Denis Charlet / AFP
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Pour relancer StopCovid et prioriser l'accès aux tests dans les laboratoires débordés, le gouvernement a envisagé la possibilité de lier les deux sujets en donnant un "coupe-file" aux personnes ayant installé l'application de traçage. Un avantage qui irait cependant à l'encontre des règles éditées par la Cnil et l'Europe.
DÉCRYPTAGE

Plusieurs jours, voire plusieurs semaines… Dans certains laboratoires, le délai d’attente des tests Covid s’allonge. Pour remédier à cette situation, Emmanuel Macron a demandé de nouvelles initiatives à ses ministres lors du conseil de défense vendredi. Selon L'Opinion, une idée fait son chemin à l'Élysée : donner la priorité pour les tests aux personnes ayant installé StopCovid. Une façon de trier les demandes de test tout en redonnant un coup de boost à l'application de traçage, guère utilisée. Mais dans les faits, cette idée serait compliquée, sinon impossible à mettre en place.

S'il donnait suite à son idée, le gouvernement se heurterait en effet à des contraintes juridiques. Lors du lancement de StopCovid, qui a pour but de tracer les cas contacts de personnes infectées par le coronavirus, la Cnil a édicté des règles pour protéger les utilisateurs. Parmi les garde-fous se trouve notamment un principe fondamental : "le consentement libre et éclairé". Autrement dit, l'application doit être basée sur le volontariat. Les Français doivent être informés sur son fonctionnement et rester libres de la télécharger ou non.

Une incitation qui créerait une discrimination

Par conséquent, il ne peut y avoir de pression ou d'incitation. Ne pas l’utiliser ne doit en aucun cas engendrer de conséquences négatives. Or, en permettant à ceux qui auraient téléchargé l’application de bénéficier d’un accès prioritaire aux tests, le gouvernement créerait une discrimination envers ceux qui n’ont pas installé StopCovid. Et la Cnil n'est pas la seule instance à avoir gravé ce principe dans le marbre : dans son guide des applications de traçage, l'Union européenne demande à ce que "les personnes qui décident de ne pas ou ne peuvent pas utiliser ces applications ne subissent aucun désavantage".

L'idée du gouvernement, soutenue par quelques élus, est donc mort-née. À l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a affirmé qu'une telle hypothèse "n'est pas à l'ordre du jour". L'exécutif devra trouver autre chose pour relancer StopCovid. "Nous croyons à son utilité", a maintenu Gabriel Attal. Pour l’instant, l’application de traçage fait un flop avec 2,3 millions de téléchargements depuis son lancement début juin et surtout moins de 100 notifications envoyées.