Les étudiants positifs au Covid-19 peuvent-ils se rendre à leur concours ?

, modifié à
  • A
  • A
Université 1:22
Les étudiants ont le droit de passer leurs concours en cette fin d'année universitaire, marquée par la crise du Covid-19. © Stéphane de Sakutin / AFP
Partagez sur :
La consigne est claire : les étudiants malades doivent rester chez eux, comme le répètent les centres d’examen. Mais en l’absence de prise de température à l’entrée et de tests PCR, de nombreux étudiants malades devraient se présenter à leurs examens et concours dans les prochaines semaines.
DÉCRYPTAGE

Alors qu’il est impossible de se rassembler, les étudiants ont pourtant le droit de passer leurs concours en cette fin d'année universitaire marquée par la crise du Covid-19. Le gouvernement a publié un décret samedi 10 avril : les examens du supérieur sont en présentiel, à l’exception des formations en santé, et les concours eux peuvent se tenir en présentiel. C'est le cas actuellement pour tous les élèves de classe préparatoire qui présentent les prestigieux concours de Normale Sup, Polytechnique, des écoles d’ingénieur. Mais c’est aussi le cas des élèves de BTS. Alors que la pression épidémique ne faiblit pas, la présence d'étudiants potentiellement malades à ces échéances cruciales pose question.

Les BTS en colère

Les images ont choqué : début avril à Arcueil, dans le Val-de-Marne, à la Maison des examens, des étudiants en BTS venus passer leurs épreuves de langue se sont agglutinés. La Maison des examens d’Arcueil assure à Europe 1 que la scène n’a duré qu’une quinzaine de minutes tout au plus, le temps pour les étudiants de rejoindre leur salle d’examen.

Un collectif d’étudiants, "BTS en détresse", demande la transformation des épreuves écrites et orales en contrôle continu. Pour des raisons pédagogiques et sanitaires, explique Ridwine, membre de ce collectif : "On a eu une formation hachée, avec des enseignements à distance, ensuite nous avons eu la deuxième vague, pour ma part je suis en distanciel depuis octobre 2020, je ne suis jamais retourné en cours. Malgré ce que dit le ministre, je n’ai pas pu bénéficier d’enseignement hybride. Les programmes ne sont pas clôturés."

"D’un point de vue sanitaire, on nous demande de rester à la maison mais on va nous dire 'vous pouvez aller passer vos examens, vous allez être mille dans des centres ou des hangars'", poursuit l'étudiant. "On prend ce risque là malheureusement pour nos familles." Autre difficulté : le règlement est clair, en cas de Covid-19, une absence à une épreuve entraîne automatiquement un zéro, non éliminatoire car justifié, mais pratiquement irrattrapable.

Pas de session de rattrapage pour les grandes écoles

Les étudiants de classe prépa, eux, ne sont pas mieux lotis. En cas d’absence, à ce stade, aucune session de rattrapage n’est prévue pour les grandes écoles.

Hugo Billard est professeur de géopolitique au lycée Saint Michel de Picpus à Paris, pour des classes prépa ECS, il en a parlé avec ses élèves. "Ils ne sont pas particulièrement inquiets des conditions d’organisation des concours, mais dans l’incertitude de savoir s'ils pourront repasser le concours, il se pourrait que des élèves se présentent au concours tout en sachant qu’ils sont malades, même si on peut sans doute compter sur leur esprit de responsabilité." Avec ses collègues enseignants, ils ont néanmoins décidé de leur réserver une place pour ceux qui voudraient "cuber", c’est-à-dire faire une troisième année de classe préparatoire.

"Je ne vais pas aller volontairement me tester"

Bianca est étudiante à Henri IV et vise Centrale ou les Mines. Aussi, elle a décidé de s’isoler avant les concours. Les quinze jours de révision passés l’y ont aidée, mais elle fait également attention dans ses déplacements, ou lorsqu’elle doit manger entre les épreuves. Elle ne s’est pas vraiment posé la question de savoir si elle irait passer ses concours en étant malade, elle mise sur sa prudence, et sur le fait que beaucoup de ses camarades ont déjà eu le Covid-19. "Je sais que je ne vais pas aller volontairement me tester pour savoir si je suis positive. À partir du moment où je ne suis pas cas contact et où je n’ai pas de symptômes, je ne vais pas chercher à savoir. Après si j’en ai ou si je suis cas contact, bien sûr, je ne peux mettre en danger tout le monde parce que j’ai envie de passer mon concours." 

Europe 1
Par Virginie Riva