"Gilets jaunes" : ce qu’il faut retenir de la septième journée de mobilisation

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Les "gilets jaunes" restaient mobilisés pour ce 7ème samedi consécutif.
Les "gilets jaunes" restaient mobilisés pour ce 7ème samedi consécutif. © MEHDI FEDOUACH / AFP
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12.000 personnes se sont mobilisées samedi dans toute la France, et notamment dans les grandes villes en régions, où des heurts ont éclaté. Dans la capitale, les rassemblements, plus calmes, ont principalement visé les médias. 
L'ESSENTIEL

À chaque samedi, de nouvelles actions. Les "gilets jaunes" étaient toujours dans la rue et sur les ronds-points pour ce septième week-end de mobilisation consécutif depuis le début du mouvement. Selon les chiffres du gouvernement, à midi, 12.000 "gilets jaunes" ont battu le pavé dans toute la France, et seulement 800 dans la capitale.

Une mobilisation plus forte en régions

La mobilisation a été la plus forte à Bordeaux, où 2.500 manifestants ont été recensés, soit un chiffre similaire à celui de samedi dernier pour "l’acte 6". Le rassemblement a été toutefois émaillé de heurts entre protestataires et forces de l'ordre, qui ont interpellé 25 personnes. Au moins trois personnes, deux manifestants et un policier, ont été blessées. Projectiles divers, gaz lacrymogènes et balles de défense ont été échangés de part et d’autre.

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À Bordeaux, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre. ©MEHDI FEDOUACH / AFP

Quelques incidents ont également éclaté à Metz, Toulouse, où des dégradations et des feux de poubelles ont été commis, ou encore à Lille, où plusieurs personnes ont été blessées. À Rouen aussi, des heurts ont éclaté et la porte de la Banque de France a été incendiée. Plusieurs dizaines d'interpellations ont eu lieu sur toute la France. 

Rassemblements devant les médias à Paris

Dans la capitale, les "gilets jaunes" se sont majoritairement retrouvés dans le 15ème arrondissement, où se concentrent de nombreux médias nationaux. Des centaines de "gilets jaunes" se sont rassemblés devant les rédactions de BFMTV, France Télévisions, Radio France et Europe 1, où ils ont conspué les "journalistes collabos", selon leurs slogans. À Paris, le mouvement a rassemblé au total 800 personnes, selon la préfecture de police, et 57 personnes ont été interpellées. 

De nombreux slogans "anti-Macron" ont de nouveau dominé les cortèges samedi, le chef de l’État continuant de cristalliser les rancœurs des "gilets jaunes". Certains avaient d’ailleurs tenté de pénétrer le Fort de Brégançon jeudi soir, la résidence d’été des présidents de la République. Emmanuel Macron se trouve en réalité en villégiature à Saint-Tropez, comme cela a été rapporté samedi.

De nouvelles actions pour le Nouvel an 

En dehors des grandes villes, des opérations "péages gratuits" ont eu lieu par endroits samedi, et quelques échangeurs d’autoroutes ont été fermés, notamment sur l’A7 et l’A10, mais dans des proportions moindres que les week-ends précédents. Sur les ronds-points, 2.500 personnes restaient mobilisées dans toute la France. Dans un courrier adressé aux préfets samedi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a demandé la "libération complète et définitive" de la centaine de ronds-points encore occupés.

Le gouvernement n’a pas fourni de chiffres de la mobilisation en fin de journée, indiquant seulement qu’à midi, 12.000 "gilets jaunes" ont été recensés dans l’Hexagone. La semaine dernière, ils étaient 38.6000 à s’être mobilisés pour "l’acte 6", et 66.000 une semaine plus tôt. Une perte de vitesse qu’une grande partie des "gilets jaunes" attribuent à cette période de fêtes de fin d’année, et qui promettent une reprise très forte du mouvement en janvier. Des actions ont d’ores et déjà été annoncées pour le réveillon du Nouvel an, avec des rassemblements à Bordeaux, Nice, ainsi que sur les Champs-Élysées à Paris. Preuve que le mouvement des "gilets jaunes" est loin d’avoir perdu totalement son souffle.