"Gilets jaunes" : une mobilisation timide et des tensions en région

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À midi, ils étaient 12.000 d'après les chiffres du gouvernement, qui n'a pas donné de chiffre de mobilisation à la fin de la journée.
À midi, ils étaient 12.000 d'après les chiffres du gouvernement, qui n'a pas donné de chiffre de mobilisation à la fin de la journée. © AFP
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Les "gilets jaunes" étaient appelés à se mobiliser une nouvelle fois ce week-end, faute de réponses "suffisantes" du gouvernement à leurs revendications. S'ils ont peu réussi à mobiliser ce samedi, ils promettent de nouvelles actions pour le mois de janvier.
L'ESSENTIEL

Pour leur "acte 7" plus d'un mois et demi après le début du mouvement, les "gilets jaunes" ont peu mobilisé samedi entre deux fêtes de fin d'année mais promettent de nouvelles actions en janvier. Avec quelque 2.500 manifestants dans les rues, Bordeaux est la ville où la mobilisation a été la plus forte tandis qu'à peine un millier de personnes ont défilé à Marseille, Rouen ou Nantes et 800 à Paris. Quelques incidents ont éclaté à Bordeaux, Lille, Metz, Toulouse.

Le mouvement semble poursuivre sa décrue. À midi, ils étaient 12.000 d'après les chiffres du gouvernement, qui n'a pas donné de chiffre de mobilisation à la fin de la journée. Au total, 38.600 manifestants étaient descendus dans la rue le 22 décembre, contre 66.000 une semaine plus tôt et 282.000 pour la première journée de mobilisation le 17 novembre, toujours d'après le ministère de l'Intérieur. Selon la préfecture de police de Paris, 800 personnes ont défilé dans l'après-midi dans la capitale, et 57 personnes ont été interpellées dont 33 placées en garde à vue.

Les trois informations à retenir

• À Paris, les manifestants se sont rendus aux sièges de plusieurs médias, dont France Télévisions, BFMTV et Europe 1

• 800 "gilets jaunes" ont manifesté à Paris, 57 personnes ont été interpellées dont 33 placés en garde à vue, selon la préfecture

• Des heurts ont éclaté à Bordeaux, Metz et Lille

Les médias particulièrement visés

Ils l'avaient laissé entendre : les médias seraient leur prochaine "cible". Ils ont tenu parole. À Marseille, une équipe de BFMTV a ainsi été expulsée dès le début du rassemblement sous les huées et les cris de "menteurs".

Selon France Bleu Gironde, une journaliste de CNEWS s'est faite aussi exclure de la place de la Bourse de Bordeaux : 

En début d'après-midi, une foule de "gilets jaunes" s'est rassemblée devant les locaux de la chaîne BFMTV dans le 15ème arrondissement de Paris, comme le montre une vidéo sur les réseaux sociaux. Plusieurs camions de police encadrent le rassemblement. 

Des manifestants ont envahi la voie de circulation du tramway et jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs interpellations, selon l'AFP. La situation est rapidement revenue au calme vers 14h. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers les nouveaux studios d'Europe 1. Bloqués à l'entrée du bâtiment, ils sont restés une quarantaine de minutes avant de prendre la route pour la Maison de la Radio, ont-ils annoncé. 

En région, quelques situations tendues

À Marseille comme à Bordeaux, où des heurts ont éclaté entre des protestataires et les forces de l'ordre, les manifestants ont principalement scandé des slogans anti-Macron. Confronté à une deuxième affaire Benalla, le chef de l'État continue de cristalliser les rancœurs des "gilets jaunes", dont certains ont tenté de pénétrer dans le Fort de Brégançon, la résidence d'été des présidents.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont aussi éclaté à Rouen, où la porte de la banque de France a été incendiée, et à Nantes, où les premiers tirs de grenades lacrymogènes ont fusé dès le départ du cortège. À Metz, où 1.200 personnes étaient réunies, des manifestants ont jeté des pavés et grilles d'égouts sur les forces de l'ordre et à Lille, où les précédentes manifestations s'étaient déroulées dans le calme, plusieurs personnes ont été blessées.

Ils étaient 700 à Valence, 500 à Pau et une centaine à Nice. À Amiens, où la préfecture avait interdit les rassemblements, une dizaine de personnes ont été interpellées samedi matin.

Quelques routes fermées. En dehors des grandes villes, les actions s'étiolent : quatre échangeurs étaient fermés sur l'A7 et l'A9 et "quelques manifestations" étaient en cours samedi matin, a indiqué Vinci dans un communiqué de presse. Quant à la route des vacances, des "gilets jaunes" étaient positionnés sur la nationale 201 à Chambéry, en Savoie. L'accès à l'aéroport a été bloqué mais une déviation a été mise en place, rapporte France 3 Rhône-Alpes. Les manifestants circulaient également au niveau du péage de Saint-Hélène sur l'A430 sans bloquer la circulation.

Samedi en Savoie, les forces de l'ordre ont procédé à cinq interpellations autour d'Albertville, a indiqué la préfecture du département, qui avait indiqué ne vouloir tolérer aucun blocage des routes menant aux stations de sports d'hiver.

À Paris, entre calme et incertitude

Sur les Champs-Élysées, épicentre de la colère ces dernières semaines, le reporter d'Europe 1 a croisé une cinquantaine de manifestants, rassemblés en petits groupes. "Même si on n'est qu'une poignée, aujourd'hui on est toujours là", assure Denis, venu de Seine-et-Marne. "On espère que le mouvement va reprendre début janvier.

En tout début de matinée, une petite centaine de "gilets jaunes" ont certes essayé, comme chaque samedi, de pénétrer sur les Champs, mais ils en ont été empêchés par les forces de l'ordre, discrètement déployées le long de l'avenue. Un "soulagement pour les commerçants", confie Pascal, directeur d'un restaurant de l'avenue. "Pour nous, c'est un samedi comme les autres. On a beaucoup plus souffert les week-ends précédents."

Quid du jour de l’An ?

Un nouveau rassemblement des "gilets jaunes" est attendu la nuit de la Saint-Sylvestre à Paris sur les Champs-Élysées pour "continuer la lutte pacifiquement et de façon festive", selon un groupe Facebook "gilets jaunes" qui regroupe plusieurs milliers de personnes. La Mairie de Paris a indiqué jeudi que les festivités prévues ce soir-là sur l'avenue, notamment un "spectacle son et lumière" et un feu d'artifice, étaient maintenues malgré cet appel.

À Bordeaux, un "acte 8" est également annoncé sur les réseaux sociaux pour le réveillon du Nouvel an et pourrait se dérouler sur le pont d'Aquitaine, selon Sud-Ouest.