EN IMAGES - Coronavirus : 300 "anti-masques" ont défilé à Paris, samedi

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Il s'agit d'une des premières mobilisations de militants anti-masques en France où ils peinent à sortir de l'ombre. 1:18
Il s'agit d'une des premières mobilisations de militants anti-masques en France où ils peinent à sortir de l'ombre. © Christophe ARCHAMBAULT / AFP
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Entre 200 à 300 anti-masques ont défilé ce samedi à Paris. Aux cris de "liberté, liberté !" et avec le soutien de quelques "gilets jaunes" ils accusent le gouvernement d'imposer le masque dans plusieurs grandes villes, "sans aucune justification scientifique". 

Entre 200 à 300 personnes se sont rassemblées dans le calme samedi à Paris pour dénoncer le port obligatoire du masque de protection contre le coronavirus aux cris de "liberté, liberté !" et avec le soutien de quelques "gilets jaunes". Réunis à partir de 13 heures place de la Nation, ils ont notamment accusé le gouvernement de "manipuler les gens par la peur" et d'imposer le masque dans plusieurs grandes villes "sans aucune justification scientifique".

"Les gens portent le masque par peur de prendre une amende"

Il s'agit d'une des premières mobilisations de militants anti-masques en France où ils peinent à sortir de l'ombre, contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne où une manifestation "anticorona" a réuni samedi quelque 18.000 personnes à Berlin. À Paris, les manifestants ont rapidement été encerclés par plusieurs dizaines de policiers, dont certains ont dressé des contraventions de 135 euros pour non port du masque. "Les gens ne veulent pas du masque, ils ne le portent que parce qu'ils ont peur de prendre une amende", à déclaré au micro l'un des manifestants sous les applaudissements.

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Des policiers ont dressé à certains manifestants des contraventions pour non respect du port du masque obligatoire. Crédit photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

"Il n'y a pas tant de morts que ça"

"Quand on regarde les chiffres, on voit qu'il n'y a pas tant de morts que ça", affirme de son côté au micro d'Europe 1 Rémi, professeur de musique anti-masques, alors que le dernier bilan du coronavirus sur le territoire fait état de 30.602 décès et de 7.000 nouveaux cas en 24 heures. "On ne comprend pas pourquoi les masques n'étaient pas nécessaires quand on en avait besoin [pendant la première vague, ndlr], et quand on en a plus la nécessité ils sont obligatoires !" 

Mais au-delà de l'obligation, il dénonce une "violence sociale" : il y a une "violence de mettre 135 euros d'amende à des gens qui ont perdu leur job, ou qui ont dû travailler à mi-temps. Moi j'ai gagner la moitié de mon salaire habituel, et on me menace avec une prune à 135 euros ? Vous imaginez la violence sociale de ce geste ?" 

"Le Covid-19 n'est pas assez dangereux, il tue surtout des gens de plus de 60 ans"

Un peu plus loin, Sophie, une Parisienne proche de la cinquantaine, est-elle venue manifester pour "la liberté de choisir". "Je suis simplement une citoyenne en colère contre les mesures liberticides qui n'ont aucune justification médicale", dit-elle. "Pourquoi y a-t-il cette obligation, alors que malgré la multiplication des cas de contamination, il n'y a pas plus de monde à l'hôpital ?". À côté d'elle, des manifestants brandissent des pancartes proclamant "Stop au mensonge et à la corruption" ou "L'Etat profond ne passera pas".

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La liberté, un des arguments mis en avant sur les pancartes de la manifestation anti-masque. Crédit photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

"Il y a un mensonge quelque part car au début, ils disaient qu'il ne fallait pas mettre de masque. On veut savoir pourquoi cette incohérence", a dit Saïd, 53 ans, venu de Bagneux, dans les Hauts-de-Seine. "Il n'y a pas de preuves scientifiques de l'utilité du port du masque à l'extérieur. Le Covid-19 n'est pas assez dangereux, il tue surtout des gens de plus de 60 ans", affirme Anaïs, 26 ans, étudiante en sociologie. 

Parmi les manifestants se trouvent également plusieurs "gilets jaunes" qui expriment leur solidarité et critiquent notamment le fait que le masque ne soit pas gratuit. "C'est une justification de plus pour ne pas l'imposer et faire payer le peuple", a expliqué l'un d'eux.

Europe 1
Par Joanna Chabas et Ugo Pascolo avec AFP