Coronavirus : plus de 9.400 nouveaux cas en 24h, l'épidémie continue de circuler

, modifié à
  • A
  • A
Le coronavirus continue de se répandre en France.
Le coronavirus continue de se répandre en France. © Loic VENANCE / AFP
Partagez sur :
Plus de 9.400 nouveaux cas de coronavirus ont été signalés en 24 heures ce vendredi, alors que l'épidémie progresse dans le pays. Jean Castex a confirmé vendredi que la durée d'isolement sera ramenée à 7 jours, contre 14 jusqu'ici, et a appelé Français à la "responsabilité". 
L'ESSENTIEL

Pas de mesures drastiques mais un avertissement clair : Jean Castex a appelé les Français à la "responsabilité", vendredi après-midi, à l'issue d'un conseil de défense. Le Premier ministre a également confirmé la réduction de la période d'isolement à 7 jours, contre 14 actuellement, et déploré une "dégradation manifeste" de la situation épidémique. Le dernier bilan confirme cette tendance, avec plus de 9.400 nouveaux cas en 24h et un total de 30.893 morts. 

En parallèle, la Suisse a placé 9 régions françaises en zone à risque, dont l'Île-de-France et la région PACA. Dans le monde, l'épidémie a provoqué la mort de plus de 910.000 personnes. 

Les infos à retenir :

  • Jean Castex a annoncé une série de mesures, dont la réduction de la durée d'isolement à 7 jours 
  • Le Premier ministre a déploré une "dégradation manifeste" de la situation épidémique et a appelé les Français à "une responsabilité de tous les instants"
  • Plus de 9.400 nouveaux cas en 24h, et un total de 30.893 morts
  • La Suisse place 9 régions françaises en zone à risque 
  • Le bilan s’élève à plus de 910.000 morts dans le monde 

Plus de 9.400 nouveaux cas, la pandémie progresse toujours

Le coronavirus continue de se répandre en France. Le dernier bilan des autorités sanitaires, publié vendredi soir, fait état de 9.406 nouvelles contaminations en 24h, un chiffre inférieur à la veille (9.843 jeudi) mais toujours à un niveau élevé. Le taux de positivité des tests reste à 5,4%. 106 clusters ont été également détectés en une journée, selon Santé publique France. 

Au total, 30.983 personnes sont mortes du coronavirus depuis le début de l'épidémie, dont 40 décès en 24h. En une semaine, 2.357 nouvelles hospitalisations ont été enregistrées, dont 389 en réanimation. 

Jean Castex appelle les Français à la "responsabilité" pour éviter "un confinement généralisé" 

Alors que l'épidémie progresse, le Premier ministre Jean Castex a dévoilé de nouvelles mesures vendredi en fin d'après-midi, depuis Matignon. S'il n'a pas annoncé de mesures drastiques, comme une fermeture des bars et des restaurants, il a passé un avertissement clair aux Français, appelant à une "responsabilité de tous les instants" et à un "civisme exigeant".

"Demain dépend de nous, de vous", a conclu le Premier ministre après une allocution d'une dizaine de minutes. "La solution la plus efficace est d’appliquer les gestes barrières. Cela dépend fondamentalement de nous. La période estivale a été marquée par une forme de relâchement. La rentrée est là, nous devons respecter les règles de distanciation, se laver les mains et porter des masques, ce que la majorité des compatriotes font", a-t-il déclaré à l'issue d'un conseil de défense. "Nous devons réussir à vivre avec" le virus "sans nous laisser entraîner à nouveau dans une logique de confinement généralisé", a résumé Jean Castex. 

La durée d'isolement ramenée à 7 jours

Comme attendu, le Premier ministre a confirmé la réduction de la durée d'isolement en cas de test positif au coronavirus. La période d'isolement est ramenée à 7 jours, contre 14 jusqu'ici. "Il est primordial que chacun respecte cette durée, ce qui donnera lieu à des contrôles", a averti le Premier ministre. Dans son dernier avis, le Conseil scientifique avait en effet pointé du doigt l'échec de la stratégie d'isolement

Des tests prioritaires pour les cas contacts et les soignants

Le Premier ministre a annoncé que des priorités vont être données aux cas contacts, aux personnes symptomatiques et aux soignants afin de se faire tester. "Si vous présentez les symptômes de la Covid, avez été en contact rapproché avec une personne positive ou si vous êtes personnel soignant : pour ces personnes prioritaires, nous allons renforcer les circuits dédiés. Les laboratoires leur réserveront certains créneaux horaires. Nous veillerons à installer des tentes de dépistage", a assuré Jean Castex. 

Il a également déploré des "temps d'attente trop importants" pour se faire tester "dans certaines villes". "Attendre, c'est problématique lorsque vous êtes prioritaire", a-t-il ajouté. 

Recrutement de 2.000 personnes pour tracer les cas

Quelque 2.000 personnes supplémentaires vont être recrutées à l'Assurance maladie et dans les Agences régionales de santé (ARS) pour renforcer le traçage des contacts de personnes infectées, a annoncé Jean Castex. Pilier essentiel de la stratégie pour casser les chaînes de contamination du coronavirus, le traçage des contacts de personnes infectées a ralenti ces dernières semaine, ce qui s'explique notamment par de trop faibles effectifs dans certains territoires, selon l'Assurance maladie, alors que le nombre de personnes à contacter augmente.

42 départements classés en zone rouge

Face au rebond épidémique, le Conseil de défense a également décidé de classer 42 départements en zone rouge (contre 28 actuellement), c'est-à-dire où le virus circule activement. "Ce classement permet de déclencher des mesures supplémentaires par les préfets, sur les rassemblements publics, le port du masque, ou les horaires d’ouverture des commerces. Ces décisions ne doivent pas être prises à Paris pour tout le monde", a précisé Jean Castex. Pour deux métropoles particulièrement touchées, Bordeaux et Marseille, le Premier ministre a indiqué avoir demandé aux préfets de prendre de nouvelles mesures, qui seront proposées lundi après une période de concertation au niveau local.

La Suisse place 9 régions françaises en zone à risque 

La Suisse a placé neuf régions métropolitaines françaises, dont l’Île de France avec Paris et la Provence-Alpes-Côte-d'Azur, en zone à risque élevé en raison du grand nombre de cas d'infections au nouveau coronavirus. Au-delà de 60 cas pour 100.000 habitants pendant 14 jours, la Suisse peut classer un pays ou une région comme "à risque" et imposer une quarantaine de 10 jours à ceux qui en reviennent. La décision a été prise d'inscrire ces régions françaises afin d'"éviter toute propagation dans notre pays", a déclaré le ministre suisse de la Santé, Alain Berset. 

Neuf régions françaises ont été ainsi placées en zone élevé à risque : le Centre-Val de Loire, la Corse, les Hauts-de-France, l’Île de France, la Normandie, la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie, les Pays de la Loire et la Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que huit territoires d'outre-mer. Le gouvernement a précisé que les zones frontalières n'étaient pas concernées par le système de quarantaine.

Raoult, Delfraissy, Darmanin auditionnés au Sénat la semaine prochaine

La commission d'enquête sénatoriale sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 auditionnera la semaine prochaine le professeur Didier Raoult, le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ainsi que Marisol Touraine et Roselyne Bachelot.

Pour la reprise de ses auditions après la pause estivale, la commission d'enquête entendra d'abord mardi matin le Pr Delfraissy, puis l'après-midi le Pr Raoult, directeur de l'institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille, connu pour sa défense de l'hydroxychloroquine dans le traitement contre le nouveau coronavirus.

À Toulouse, une école ferme neuf classes sur 23 après la découverte d'un cas de Covid-19

A Toulouse, l'école Pierre et Marie a fermé neuf classes après la découverte d'un cas de coronavirus. Conséquence : 225 enfants ont été renvoyés chez eux depuis lundi, une décision qui suscite de vives critiques des parents d'élèves. "On ne peut pas fermer la moitié d'une école pour un cas, ce n'est pas possible", déplore ainsi l'un d'entre eux. 

Pour l'inspection académique, le protocole a été appliqué et validé par l'ARS. Mais du jour au lendemain, il a fallu trouver comment faire garder les enfants, au grand dam des parents. Ils espèrent pouvoir bénéficier du nouveau dispositif de chômage partiel. En effet, le gouvernement a annoncé mercredi soir que les salariés du privé contraints de garder leurs enfants, et qui seront dans l'impossibilité de télétravailler, pourront être placés en activité partielle. Lisez ici notre reportage.

Par ailleurs, l'Ordre des médecins a précisé que les médecins "n'ont pas à établir de certificat médical pour le retour à l'école" des enfants qui avaient des symptômes évocateurs du Covid-19. 

Plus de 910.000 morts dans le monde 

La France est loin d'être le seul pays en difficulté. Les États-Unis et le Brésil demeurent de loin les plus endeuillés avec respectivement 191.802 et 129.522 décès au total. Plus de 28 millions de cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués. L'Inde (75.271), le Mexique (69.649) et le Royaume-Uni (41.608) sont eux aussi fortement touchés par la pandémie. La barre des 910.000 morts dans le monde a été franchie vendredi. 

L'Angleterre et le Pays de Galles disposeront eux, à partir du 24 septembre et après plusieurs mois de retard, d'une application de traçage des cas de coronavirus. Après avoir cherché à élaborer sa propre application de traçage au niveau national en confiant son développement à la division chargée des nouvelles technologies au sein du service public de santé, le NHS, le Royaume-Uni a fait volte-face en juin au profit d'un modèle décentralisé favorisé par Google et Apple.

En Israël, où un confinement partiel dans certaines localités a été remis en place, la communauté arabe israélienne est particulièrement touchée par la deuxième vague de l'épidémie. D'après les dernières données du ministère israélien de la Santé, 30% des cas de malades actuellement recensés le sont chez les Arabes israéliens, qui représentent environ 20% de la population du pays.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP