"Comment évaluer la distance des 100 kilomètres à vol d'oiseau ?", s'interrogent les policiers

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"En l'absence d'outils numériques, comment évaluer la distance des 100 kilomètres à vol d'oiseau ?", demande Stanislas Gaudon. "Ça ne veut rien dire". 1:11
"En l'absence d'outils numériques, comment évaluer la distance des 100 kilomètres à vol d'oiseau ?", demande Stanislas Gaudon. "Ça ne veut rien dire". © AFP
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Parmi les conditions à ce déconfinement, ne pas se déplacer à plus de 100 kilomètres de là où l'on se trouve. Une mesure qui risque d'être enfreinte ce week-end, le premier depuis le début du déconfinement. Au micro d'Europe 1, le secrétaire national du syndicat de police Alliance, Stanislas Gaudon, explique pourquoi il risque d'être difficile de contrôler un tel dispositif.
TÉMOIGNAGE

En cette veille de premier week-end déconfiné, beaucoup d'interrogations subsistent quant aux nouvelles règles, et particulièrement une : l'interdiction de se déplacer au-delà de 100 kilomètre de son domicile, à vol d'oiseau. Une mesure qui risque de tourner au casse-tête pour les forces de l'ordre chargées de faire respecter ce décret du gouvernement, sous peine d'une amende de 135 euros. Secrétaire général du syndicat de police Alliance, Stanislas Gaudon a dénoncé une situation "compliquée", au micro d'Europe 1.

"Évaluer à peu près la distance"

"En l'absence d'outils numériques, comment évaluer la distance des 100 kilomètres à vol d'oiseau ?, demande Stanislas Gaudon. Ça ne veut rien dire". Sur Europe 1, le secrétaire national d'Alliance Police Nationale dénonce le flou qui entoure cette mesure, et qui pourrait considérablement leur compliquer la tâche. "Les policiers vont devoir regarder l'adresse mentionnée sur le justificatif, sur la bonne foi des gens, et évaluer à peu près la distance", explique-t-il.

"On peut largement être au-delà, et traverser des départements"

"Quelqu'un qui habite Marseille et se retrouve à Paris, il est clair qu'il a largement dépassé les 100 kilomètres. Mais le problème se pose notamment avec les départements en périphérie de la plaque francilienne, où l'on peut largement être au-delà des 100 kilomètres et traverser des départements", développe le secrétaire national du syndicat policier. Aussi, Stanislas Gaudon en appelle à la coopération et au bon sens des Français, mais aussi à l'attention des forces de l'ordre. Il faudra, pour lui, faire preuve de "beaucoup de discernement et de pédagogie, pour expliquer que les enjeux sont avant tout sanitaires et de santé publique".

Europe 1
Par Marion Dubreuil, édité par Pauline Rouquette