Covid-19 : "On considère que l'épidémie est sous contrôle" mais "le virus n'est pas éteint"

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Jean-François Delfraissy, Président du conseil scientifique 2:58
Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique, était l'invité d'Europe 1 vendredi 5 juin 2020. © Europe 1
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Alors que le déconfinement se poursuit avec un assouplissement des conditions de visite des proches dans les Ehpad, le président du Conseil scientifique, Pr Jean-François Delfraissy, a déclaré vendredi sur Europe 1 que l'épidémie était actuellement "sous contrôle" en France même si le virus "continue de circuler". 
INTERVIEW

La France s'apprête à vivre un premier week-end presque normal après la levée de nombreuses restrictions le 2 juin et l'assouplissement, dès vendredi des conditions de visite des proches dans les Ehpad quand "la situation sanitaire le permet". Invité d'Europe 1 vendredi, le président du Conseil scientifique, le Pr Jean-François Delfraissy, se veut rassurant quant au ralentissement de l'épidémie de coronavirus en France en déclarant qu'elle est "sous contrôle". Il prévient toutefois que le virus circule encore et que les règles de distanciation devront se poursuivre "pendant longtemps". 

Confinement et nouveaux outils de dépistage

"Avec toutes les précautions d'usage, on considère que l'épidémie est sous contrôle", a déclaré Jean-François Delfraissy en s'appuyant sur la diminution du nombre de nouvelles contaminations journalières. Mais il est resté prudent en soulignant que ceci reste "la vision actuelle" et non définitive sur l'épidémie et a rappelé que "le virus continue de circuler", qu'il "n'est pas éteint".  

Selon le président du Conseil scientifique, deux raisons expliquent cette baisse de la propagation du coronavirus. D'abord le confinement, qui a eu "un effet de réduction de la circulation du virus, variable selon les régions mais globalement un abaissement très marqué". Et deuxièmement le fait que nous disposons désormais des "outils pour diagnostiquer les nouveaux cas" comme le fait d'être "capable de faire 80.000 à 100.000 tests PCR par jour", "d'isoler les patients dépistés" et d'avoir une stratégie de tracing des cas contacts. 

"Un confinement généralisé ne sera plus possible"

Jean-François Defraissy a cependant admis que le confinement, "qu'on n'a pas eu le choix" d'imposer début mars, n'était "pas une bonne solution mais la moins mauvaise des solutions pour réduire la circulation du virus". Pour lui, un nouveau "confinement généralisé" en cas de rebond de l'épidémie ne serait "plus possible", ni acceptable par les populations "tant au plan sociétal qu'économique ou sanitaire". "ll y a des conséquences du confinement", appuie-t-il. 

Quant au relâchement observé en France ces dernières semaines, Jean-François Defraissy considère que cela est presque "humainement souhaitable". "Le confinement n'est pas une chose normale", insiste-t-il. Il appelle néanmoins à poursuivre "ces temps de distanciation et pendant longtemps". "Il y aura des distanciations et de nouvelles règles qui vont se créer en fonction des régions et des territoires", prédit-il. "Les quelques grands principes", comme se laver les mains ou porter un masque dans des espaces clos, "vont rester".

Europe 1
Par Céline Brégand