Coronavirus : quatre questions sur la variante identifiée au Royaume-Uni

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Les vaccins seraient toujours efficaces contre la nouvelle variante du Covid identifiée au Royaume-Uni. 1:38
Les vaccins seraient toujours efficaces contre la nouvelle variante du Covid identifiée au Royaume-Uni. © CESAR MANSO / AFP
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Une variante du coronavirus plus contagieuse a été identifiée au Royaume-Uni par les autorités britanniques, entraînant un isolement du pays sur le plan international. Situation inédite ou non, dangerosité de cette souche mutante, présence ou non en France, efficacité des vaccins... Europe 1 fait le point sur les questions qui se posent lundi.
DÉCRYPTAGE

Le Royaume-Uni s'est retrouvé isolé du reste du monde, lundi, après les décisions de nombreux pays, dont la France, de stopper les vols en provenance des aéroports britanniques à la suite de l'annonce par les autorités du pays de l'identification d'une souche mutante du coronavirus. Face à cette souche dite beaucoup plus contagieuse, le gouvernement britannique a décidé en urgence le reconfinement de Londres et du Sud-Est du pays. Alors que de nombreuses questions se posent sur la gravité de l'apparition de cette nouvelle souche, Europe 1 fait le point.

Est-ce une situation inédite ?

L'apparition de variantes du coronavirus relève d'un processus normal, car pour se diffuser, les virus reproduisent de façon générale des copies d'eux-mêmes. Plusieurs centaines de variantes du coronavirus ont d'ailleurs déjà été identifiées à travers le monde. "On n'est pas en train de basculer vraiment dans autre chose, mais on a une évolution qui était plus ou moins inéluctable", observe le médecin et généticien Axel Kahn, lundi soir sur Europe 1. "Tant que le virus circule à un haut niveau, il y aura des mutations (...) qui vont lui conférer un avantage."

Et plus le virus se diffuse largement, plus il y a un risque de retrouver des variantes problématiques. C'est d'ailleurs ce qui inquiète les autorités britanniques concernant la souche mutante en question. Celle-ci semblerait rendre le virus plus contagieux de 70%. C'est bien cette forte augmentation supposée de la contagiosité qui fait l'objet de toutes les attentions, car "au début de l’année 2020, un mutant qui répond au doux nom de D614G avait [déjà] remplacé le mutant chinois dans le monde entier et il était un peu plus infectieux", souligne Axel Kahn.

Cette variante est-elle plus dangereuse ?

Pour Axel Kahn, il n'y a en revanche "pas de raisons de penser" que cette variante du coronavirus soit plus dangereuse. Pour le moment, elle ne semble en effet pas entraîner une maladie plus grave, ni plus d'hospitalisations. L'efficacité des tests PCR n'a pas non plus été remise en cause par cette variante. Mais pour Axel Kahn, son apparition n’est pas pour autant "une bonne nouvelle", car la "circulation virale facilite l’apparition de mutants qui sont plus infectieux" encore.

La variante remet-elle en cause l'efficacité du vaccin ?

Lundi, le régulateur européen des médicaments a déclaré qu'il n'existait "aucune preuve" permettant de dire que le vaccin Pfizer-BioNTech ne protégerait pas contre cette nouvelle souche du coronavirus. "On a toutes les raisons de penser que la vaccination sera également efficace contre ces mutants", insiste Axel Kahn au micro d'Europe 1. Quand bien même une inefficacité des vaccins développés actuellement serait avérée, ces derniers "peuvent se modifier rapidement" indique Axel Kahn à propos des vaccins à ARN messager.

Cette variante circule-t-elle déjà en France ?

Lundi matin sur Europe 1, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué qu'il était tout à fait possible que la variante du virus identifiée au Royaume-Uni circule déjà en France. Mais il n'y a aucune preuve de cette circulation à ce stade.

Cette variante ne figurait pas parmi les 500 souches virales analysées génétiquement ces derniers jours, selon l'Organisation mondiale de la santé. En tout cas, la variante en question a déjà été repérée en dehors du Royaume-Uni, en Italie, au Danemark, aux Pays-Bas et en Australie notamment.

Europe 1
Par Anne Le Gall et Jonathan Grelier