"On a l'impression que le seul souci de la Poste, c'est de faire du business"

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Seuls 1.850 bureaux de poste sont ouverts sur les 7.700 présents sur le territoire. 1:59
Seuls 1.850 bureaux de poste sont ouverts sur les 7.700 présents sur le territoire. © Pascal GUYOT / AFP
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Alors que le patron de la Poste, Philippe Wahl, a annoncé le "redéploiement" progressif des équipes et la réouverture des bureaux, le personnel s'inquiète. Invité d'Europe 1 jeudi, le secrétaire général du syndicat UNSA-Poste Samuel Berthelot a dénoncé une reprise prématurée de l'activité de la société alors que l'épidémie de coronavirus sévit toujours.
INTERVIEW

En France, à l'heure actuelle, seuls 1.850 bureaux de poste sont ouverts sur les 7.700 présents sur le territoire. Le PDG de la Poste, Philippe Wahl a promis mercredi que 2.500 bureaux seraient ouverts d'ici la fin de la semaine et 5.000 à la fin du mois grâce au redéploiement des équipes de postiers. Une partie de ces derniers déplore pourtant une décision hâtive, comme l'expliquait jeudi au micro d'Europe 1 Samuel Berthelot, secrétaire général d'UNSA-Poste : "On a l'impression que l'on n'a pas pris au sérieux cette pandémie [de coronavirus] et que le seul soucis de la Poste aujourd'hui c'est de faire du business."

L'activité de la Poste est largement réduite depuis deux semaines, le courrier n'étant plus distribué que trois jours par semaine. Jeudi sur Europe 1, Philippe Wahl se félicitait malgré tout du travail réalisé par ses équipes, soulignant qu'un grand nombre de colis avaient pu être livrés : "Même au milieu de la période de Noël, nous n'avons jamais fait autant de réceptions de ces colis."

Des vêtements et des chaussures

Pourtant, une partie du personnel ne semble pas partager cet enthousiasme. "Aujourd'hui [...] seules la Poste et sa filiale Chronopost peuvent livrer les colis de ventes privées, Amazon, Zalandoo..." Samuel Berthelot décrit un afflux de personnes vers les guichets pour réceptionner ou renvoyer chaussures et vêtements. "Pour nous ce n'est pas prioritaire !"

Le recentrage sur les "missions de service public" lui apparaît comme indispensable à l'heure où le pic de l'épidémie n'a toujours pas été atteint et où les salariés sont toujours sous-équipés en masques. La livraison des produits de première nécessité doit selon lui se faire en priorité : "On connait les expéditeurs qui déposent les colis, on peut mettre des plateformes en route avec un numéro vert dédié à certaines professions. On sait le faire à la Poste."

Concernant les prestations sociales, pouvant être touchées au bureau de poste, Samuel Berthelot réaffirme l'engagement du personnel à fournir ce service. Cependant, cela ne justifie pas selon lui la réouverture immédiate des bureaux : "Les prestations sociales sont versées le 5 du mois. Aujourd'hui on est le 9, les prestations sociales, les gens les ont eues."

Europe 1
Par Olivier Samain édité par Antoine Cuny-Le Callet