"J'ai été mis en danger", estime un président de bureau de vote positif au coronavirus

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 Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas pourquoi le scrutin a été maintenu. 1:38
Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui ne comprennent pas pourquoi le scrutin a été maintenu. © JEFF PACHOUD / AFP
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Deux semaines après le premier tour des élections municipales, les témoignages d'assesseurs, de présidents de bureaux de vote ou de militants qui ont fait campagne, contaminés par le Covid-19, se multiplient. Ils pointent du doigt la responsabilité du gouvernement qui a maintenu l'élection en plein crise sanitaire du coronavirus. 

Les témoignages de personnes contaminées après le premier tour des élections municipales se multiplient. La France, engagée dans le processus de confinement, en pleine crise sanitaire du coronavirus, avait maintenu le vote le dimanche 15 mars puis annulé le second tour le lendemain. A Paris, Marseille, Angers, Montpellier, les malades du Covid-19 sont nombreux à se poser des questions voire à envisager de porter-plainte, bien qu'il soit impossible d'établir un lien formel entre la contamination et l'élection. Europe 1 a recueilli leurs témoignages.

"Aujourd’hui je me rends compte que j’ai été mis en danger et je ne suis pas le seul à avoir été mis en danger", raconte Paul, président de bureau de vote dans le 17e arrondissement de Paris. "Je me suis tenu au discours qu’a tenu le président de la République en étant convaincu que ce n’était pas plus dangereux que d’aller faire ses courses. Lors de cette élection j’ai vu 606 électeurs, ça ne peut pas être un hasard", considère Paul diagnostiqué quelques jours après le premier tour.

"J'ai contacté mon avocat"

Un hasard de calendrier qui sème aussi le doute chez Charlotte, assesseur dans le 18e arrondissement de Paris. "Au niveau du timing ça correspond. Au bout de 5/6 jours j’ai commencé à avoir des symptômes. Après c’est difficile de savoir où on chope quelque chose", souligne-t-elle.

Des militants qui ont fait campagne et des candidats sont également tombés malades. Comme Shafia dans le Rhône. Dix personnes de son équipe ont été contaminées dont 4 hospitalisées. Elle tient le gouvernement pour responsable. "J’ai contacté mon avocat, on est en train de mettre en place une plainte contre le gouvernement car j’estime que le gouvernement nous a mis en danger en maintenant le premier tour", annonce-t-elle.

 

Europe 1
Par Claudia Bertram édité par Olfa Ayed