Coronavirus : 292 nouveaux morts en France, 2.606 depuis le début de l'épidémie

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Plus de 2.600 personnes sont mortes du coronavirus en France.
Plus de 2.600 personnes sont mortes du coronavirus en France. © SEBASTIEN BOZON / AFP
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Alors que la France compte désormais plus de 2.600 morts liés au coronavirus, Edouard Philippe a prévenu samedi que les 15 premiers jours d'avril seraient "encore plus difficiles que les 15 jours qui viennent de s'écouler". Les transferts de patients depuis les régions saturées se sont poursuivis pendant tout le week-end. 

La course contre la montre est lancée, pour faire face à l'afflux de patients souffrant de formes graves du coronavirus. Samedi, le Premier ministre Édouard Philippe et son ministre de la Santé Olivier Véran ont présenté de nouvelles mesures pour tenter de freiner la propagation de l'infection, qui a tué 2.606 personnes en France. Du côté des hôpitaux, les transferts de patients se sont poursuivis  dimanche pour désengorger les zones saturées.  

Les principales informations : 

  • Le virus a fait 292 nouveaux morts en France, pour un total de 2.606 depuis le début de l'épidémie
  • Deux TGV médicalisés ont transféré des patients de Mulhouse et Nancy vers la Nouvelle Aquitaine
  • L'ancien ministre Patrick Devedjian, diagnostiqué positif, est mort dans la nuit de samedi à dimanche 

Plus de 2.600 morts en France

Le nouveau coronavirus a causé 292 nouveaux décès enregistrés à l'hôpital en 24 heures en France, portant le bilan à 2.606 morts depuis le début de l'épidémie, selon Jérôme Salomon, le directeur général de la santé. Selon ce dernier bilan, 19.354 patients sont hospitalisés (+ 1.734) dont 4.632 en réanimation, soit un nouvel afflux de 359 personnes en une seule journée. Et 7.132 ont pu rentrer chez eux.

Les évacuations s'accélèrent

"Donner de l'air" aux hôpitaux frappés par la "vague": la Nouvelle-Aquitaine, région encore relativement préservée de l'épidémie due au coronavirus, a accueilli dimanche 36 patients du Grand Est, au terme de la plus importante évacuation sanitaire de malades du Covid-19 menée à ce jour. Deux TGV médicalisés sont partis de Mulhouse et de Nancy dans la matinée, et sont arrivés en milieu d'après-midi, l'un à Poitiers, et l'autre à Bordeaux.

À Bordeaux, une vingtaine d'ambulances et des dizaines de personnels soignants en blouse blanche intégrale attendaient les 24 patients venus de Nancy pour les diriger vers des établissements de la capitale girondine, mais aussi de Libourne, Pau et Bayonne. Parmi les 12 patients transférés de Mulhouse à Poitiers, quatre ont été emmenés en ambulance au CHU de Poitiers, quatre autres ont été héliportés vers La Rochellle et quatre sont partis par la route vers Niort et Angoulême. 

Tous dans un état grave, les patients ont voyagé allongés dans des civières installées au-dessus des sièges passagers, avec leurs respirateurs posés sur les porte-bagages. Ils étaient quatre par compartiments. Une opération délicate, confirme au micro d'Europe 1 François Braun, président du Samu-Urgences de France. "Ce sont des patients avec du matériel, bouteilles d'oxygène, respirateurs, qu'il faut prendre de leur brancard dans le train pour les amener dans un brancard dans une ambulance", explique-t-il. Mais, assure-t-il, "ça s'est bien passé". 

Le but de l'opération était de soulager les hôpitaux engorgés, notamment dans le Grand Est, l'une des régions les plus lourdement touchées avec samedi 3.777 personnes hospitalisées, dont 786 en réanimation, et 757 décès. Par ailleurs, 40 malades du coronavirus qui étaient hospitalisés dans les services de réanimation d'hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté ont été transférés vers ceux de trois départements de la région Rhône-Alpes-Auvergne.

Enfin, un hélicoptère de l'armée française a de nouveau transféré dimanche deux malades du coronavirus de Metz vers un hôpital en Allemagne, portant à cinq le nombre d'évacuations depuis l'est de la France par des hélicoptères militaires ce week-end. Un A400M de l'armée de l'air allemande a également évacué deux malades de Strasbourg vers un hôpital de Ulm (sud-ouest de l'Allemagne). Il s'agit de la première évacuation de patients de l'est de la France par des moyens militaires allemands.

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy Patrick Devedjian est mort

Hospitalisé en milieu de semaine après avoir été testé positif au coronavirus, l'ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy Patrick Devedjian, 75 ans, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche. Cette figure de la droite, qui était depuis 2007 président du conseil général des Hauts-de-Seine, avait été placé en observation mercredi dans un hôpital du département. Encore stable vendredi, selon son entourage, son état s'est rapidement dégradé samedi.

Jeudi, il indiquait dans un tweet être "touché par l'épidémie, donc à même de témoigner directement du travail exceptionnel des médecins et de tous les personnels soignants". "Fatigué mais stabilisé grâce à eux, je remonte la pente et leur adresse un très grand merci pour leur aide constante à tous les malades", ajoutait-il.

Le gouvernement précise son plan de lutte

Après avoir confirmé vendredi la prolongation du confinement jusqu'au 15 avril, Édouard Philippe a prévenu samedi que "les 15 premiers jours d'avril seront encore plus difficiles que les 15 jours qui viennent de s'écouler", le Premier ministre a ajouté que "le combat" ne faisait "que commencer".

Le chef du gouvernement et son ministre de la Santé Olivier Véran ont ainsi annoncé que le gouvernement souhaitait augmenter le nombre de lits en réanimation à "14 à 14.500", contre 5.000 initialement, mais également que la France avait commandé "plus d'un milliard" de masques notamment à la Chine. Olivier Véran a aussi assuré que la France allait monter en régime avec "50.000 tests" classiques par jour d'ici fin avril, auxquels s'ajouteront "plus de 100.000" tests rapides par jour "au mois de juin". 

De nouvelles consignes ont aussi été communiquées aux personnels et aux résidents d'Ehpad. Chaque pensionnaire devra désormais être isolé dans une chambre individuelle, et les soignants devront minimiser les sorties à l'extérieur de l'établissement. 500.000 masques chirurgicaux seront déstockés pour eux chaque jour, et ils seront prioritaires vis à vis des tests de dépistage. 

Dimanche, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a par ailleurs annoncé que le chômage partiel avait été demandé par 220.000 entreprises, pour 2,2 millions de salariés au total, selon un décompte arrêté vendredi soir par le gouvernement. 

Enfin, l'amende pour non-respect du confinement a été portée par décret du Premier ministre à 200 euros en cas de récidive dans les 15 jours, indique dimanche le Journal officiel. Si quatre violations sont relevées dans les 30 jours, le délit devient punissable de six mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende. 

Plus de 33.000 morts dans le monde, le virus ralentit timidement en Italie

Près de 697.750 cas d'infection, dont au moins 33.244 décès, ont été officiellement déclarés dans 183 pays et territoires depuis l'apparition de la pandémie en décembre en Chine, selon un décompte de l'AFP à partir de sources officielles dimanche. Quelque 23.860 personnes sont mortes en Europe, continent le plus durement touché.

L'Espagne a enregistré dimanche 838 morts en 24 heures, un nouveau record pour le pays portant le bilan à 6.528 décès, et entraînant le renforcement du confinement par crainte d'une saturation des unités de soins intensifs dans ses hôpitaux.

Aux États-Unis, le nombre des décès a dépassé les 2.000 samedi. Au total, plus de 130.000 cas sont déclarés. Un bébé de moins de un an est par ailleurs décédé dans l'Etat de l'Illinois, ont annoncé samedi les autorités. La maladie est réputée épargner relativement les enfants, et les très jeunes victimes sont très rares.

En revanche, en Italie, la progression du coronavirus en Italie a poursuivi son timide ralentissement, pour le troisième jour consécutif, selon le dernier bilan officiel, qui fait état d'un nombre total de 10.779 morts pour 97.689 cas. Le nombre de nouveaux cas positifs (+5.217) est en baisse de 5,6% sur 24 heures. Cette baisse était de -6,9% samedi, -7,4% vendredi. Autre signe positif : le nombre de personnes hospitalisées avec des symptômes n'a augmenté que légèrement (+710 pour un total de 27.386), de même que celui des patients en soins intensifs (+50 pour un total de 3.906). Même chose en Lombardie (nord), la région la plus touchée du pays, où le nombre de personnes en soins intensifs est passé à 1.328 (+9).

Enfin, au Royaume-Uni, a cheffe adjointe des services sanitaires britanniques, Jenny Harries, a averti que le pays pourrait ne pas renouer avec une vie normale avant six mois ou plus. Elle a en effet estimé qu'il serait "dangereux" de lever subitement le confinement auquel la population est actuellement soumise pour trois semaines. Elle a précisé que les mesures mises en place pour contenir la maladie seraient réexaminées "toutes les trois semaines" durant "probablement six mois" voire plus.