Coronavirus : les petits hôpitaux prêts à chavirer face à la seconde vague

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(Photo d'illustration) L'hôpital de Montbrison peine à faire face à l'afflux de patients atteints du Covid-19. © AFP
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Relativement épargné pendant la première vague, le petit hôpital de la commune de 15.000 habitants de Montbrison, près de Saint-Étienne, peine à faire face à l'afflux de patients atteints du Covid-19. Au micro d'Europe 1, son directeur décrit une situation critique, et un "état assez fragile". 

"La situation est critique, nous repoussons les limites de semaine en semaine." L'explosion des cas de Covid-19 en France - plus de 33.000 cas en 24h selon les derniers chiffres mardi soir - ne touche pas seulement les grandes métropoles. Elle concerne aussi les zones rurales, comme à Montbrison, dans le département de la Loire, où Edmond Mackowiak, le directeur du petit centre hospitalier du Forez est inquiet. Une des raisons pour laquelle Emmanuel Macron a décidé de reconfiner tout le territoire, comme le révèle Europe 1 mercredi matin. 

 "Nous repoussons nos capacités"

Tandis que le taux d'incidence dans le département dépasse désormais les 1.000 cas pour 100.000 habitants, les 32 lits de l'unité Covid sont tous occupés, tout comme les huit lits de réanimation. En seulement 15 jours, le nombre de patients touchés par le virus a explosé dans ce petit hôpital situé à Montbrison, commune de 15.000 habitants située à 35 kilomètres de Saint-Étienne. "Nous repoussons nos capacités en lit Covid pour prendre en charge les patients atteints", explique Edmond Mackowiak.

Mais "à un moment donné, nous allons atteindre notre maximum", prévient-t-il. Une situation d'autant plus inquiétante que l'hiver approche, et avec lui la possibilité de devoir "prendre en charge de nombreux cas de grippe". "Tout cela donne un état assez fragile, il faut donc faire très attention."

"Tous nos moyens sont concentrés sur la prise en charge des patients Covid"

Si 13 nouveaux lits vont encore être créés d'ici la fin de la semaine pour faire face à l'afflux de patients atteints du coronavirus, cela ne suffit pas. Alors c'est tout le fonctionnement de l'hôpital qui a été chamboulé. "Depuis une quinzaine de jours, nous avons arrêté toute l'activité programmée : il n'y a plus que les urgences, les patients chroniques comme en cancérologie, et tous ceux qui voient leurs chances de survie baisser si la prise en charge est différée."  Concrètement, "tous nos moyens sont prioritairement concentrés sur la prise en charge des patients Covid", insiste Edmond Mackowiak.

Dans cet hôpital en tension, où les soignants sont épuisés après la première vague de coronavirus du printemps, on attend donc beaucoup du tour de vis que doit annoncer Emmanuel Macron ce mercredi soir. D'après les informations d'Europe 1, c'est en effet ce mercredi soir que le chef de l'État devrait annoncer un reconfinement généralisé sur l'ensemble du pays

Europe 1
Par Jean-Luc Boujon, édité par Ugo Pascolo