Covid : "20% de la population commence à basculer dans la psychiatrie"

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Environ 20% de la population française pourrait basculer dans la psychiatrie selon Serge Hefez. 3:30
Environ 20% de la population française pourrait basculer dans la psychiatrie selon Serge Hefez. © MARTIN BUREAU / AFP
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Beaucoup de Français souffrent moralement de la crise du Covid-19, après de longs mois de restrictions. Samedi sur Europe 1, le psychiatre Serge Hefez s'alarme du fait que "20% de la population française commence à basculer dans la psychiatrie". Le spécialiste invite les autorités à préparer les conséquences de la crise sur le long terme.
INTERVIEW

C'est un constat glaçant qui est fait par le psychiatre Serge Hefez, samedi, sur Europe 1. À cause du Covid-19 et des restrictions qui lui sont liées, ce responsable d'unité du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière estime que "20% de la population française commence à basculer dans la psychiatrie". Angoisses, déprime, désarroi, colère... Bon nombre de Français se retrouvent dans des situations de détresse. Pour le spécialiste, ces symptômes ne sont pas nouveau mais ils "sont aujourd'hui en train de déraper de plus en plus vers la psychiatrie".

"On est dans cette troisième vague psychiatrique"

"C'est terrible, tous mes collègues disent la même chose", poursuit Serge Hefez. "On est dans cette troisième vague psychiatrique à l'heure actuelle, avec des risques suicidaires qui sont majeurs, avec des dépressions qui sont quasiment mélancoliques, des états de sidération anxieuse avec des risques de décompensation, un peu sur un mode paranoïaque."

Plus problématique encore : les liens familiaux et amicaux ou encore le sport ne suffisent désormais plus à atténuer ces maux, selon le psychiatre. "Il faut vraiment des soins pour ces personnes-là, des diagnostics, et pouvoir conduire des traitements appropriés."

La crainte d'une forte hausse des suicides

Serge Hefez relate l'augmentation des "tentatives de suicides, notamment chez les adolescents, qui sont multipliées par rapport à l'année dernière". Et "on sait par expérience que les suicides se produisent un an voire deux après une crise", ajoute-t-il. Pour le spécialiste, il est donc urgent que les autorités du pays préparent "ce moyen terme et ce long terme" des conséquences du Covid-19.

Europe 1
Par Jonathan Grelier