Covid : 16 départements confinés, dont l'Ile-de-France, pour un mois

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Jean Castex a dévoilé de nouvelles mesures pour plusieurs régions, jeudi soir.
Jean Castex a dévoilé de nouvelles mesures pour plusieurs régions, jeudi soir. © BENOIT TESSIER / POOL / AFP
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Jean Castex a annoncé un confinement dans 16 départements, dont ceux de l'Ile-de-France et des Hauts-de-France, à partir de vendredi soir et pour une durée d'un mois. Le couvre-feu va passer à 19 heures à partir de samedi en métropole. La vaccination avec AstraZeneca va reprendre dès vendredi en France, après un avis positif rendu par l'Agence européenne des médicaments.
L'ESSENTIEL

Le verdict est tombé. Face à l'aggravation de la situation sanitaire, 16 départements, dont ceux de l'Ile-de-France et des Hauts-de-France, vont être confinés pour une durée d'un mois, à partir de vendredi soir. Les écoles et les crèches resteront cependant ouvertes, a déclaré le Premier ministre Jean Castex, jeudi. Dans ces départements, seuls les commerces essentiels resteront ouverts, comme lors des deux premiers confinements. Les conditions de sortie seront en revanche plus souples, avec des balades autorisées sans limitation de durée, dans un rayon de 10 km. Par ailleurs, le couvre-feu va passer à 19 heures dans l'ensemble de la métropole à partir de samedi. 

De son côté, l'Agence européenne des médicaments a assuré, après analyse, que le vaccin AstraZeneca est "sûr et efficace". Conséquence : la France va reprendre la vaccination avec ce produit dès vendredi après-midi.

Les principales informations à retenir

  • 16 départements confinés pendant un mois à partir de vendredi minuit, dont ceux de l'Ile-de-France et des Hauts-de-France
  • Les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l'Eure sont également concernés 
  • Dans ces départements : les écoles resteront ouvertes, seuls les commerces essentiels ouvriront leurs portes, sorties autorisées dans un rayon de 10 km mais sans limitation de durée
  • Le couvre-feu passe à 19 heures à partir de samedi 
  • La vaccination par AstraZeneca va reprendre vendredi, après un avis positif rendu par l'Agence européenne des médicaments 

16 départements confinés, dont ceux de l'Ile-de-France et les Hauts-de-France, pour un mois 

Jean Castex a annoncé jeudi soir le confinement de 16 départements, dont les huit de l'Ile-de-France et les cinq des Hauts-de-France, pour une durée d'un mois. Les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime et l'Eure sont également concernés par ces "mesures de freinage massives", selon les mots du Premier ministre. "C'est une troisième voie que nous retenons, une voie qui doit permettre de freiner sans enfermer", a précisé le chef du gouvernement. 

Jean Castex a tiré un bilan mitigé du confinement le week-end, mis en place depuis quelques semaines, qui a selon lui "eu un réel effet" mais "insuffisant pour casser la dynamique de l'épidémie, qui s'accélère". Ces mesures de confinement pourront être étendues "à d'autres parties du territoire", a mis en garde le Premier ministre. Le confinement de la Nouvelle-Calédonie a lui été prolongé jusqu'au 28 mars, avait annoncé plus tôt dans la journée le président du gouvernement local. 

Fermeture des commerces non-essentiels

Comme lors des confinements de mars et de novembre 2020, les commerces et rayons dits non-essentiels devront fermer dans les départements concernés. "Par souci d'équité, les restrictions de vente s'appliqueront aux mêmes produits qu'ils soient vendus dans un rayon de grande surface, un commerce spécialisé ou un petit commerce de centre-ville", a expliqué Jean Castex. Les libraires vont cependant pouvoir continuer à ouvrir leurs portes.

Par ailleurs, les mesures de soutien aux secteurs économiques touchés par ce reconfinement coûteront 1,2 milliard d'euros supplémentaires par mois, a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. "L’impact des nouvelles restrictions sanitaires sur l’économie française est de 0,2 point de PIB annuel. Les mesures de soutien coûteront 1,2 milliard d’euros en plus par mois, soit 7,2 milliards d’euros en tout par mois", a-t-il dit dans une déclaration à des journalistes. 

Sur 1,2 milliard, 600 millions sont destinés à compenser une partie de la perte d'activité subie par les petites entreprises et les indépendants, 400 millions serviront à couvrir le chômage partiel, et 200 millions à des exonérations de charges, selon Bercy.

Des sorties dans un rayon de 10 km sans limitation de durée 

Concernant les sorties, le gouvernement a décidé d'un nouveau modèle. Elles seront autorisées dans un rayon de 10 km autour de chez soi, avec une attestation. Mais, grosse différence avec les confinements précédents, les sorties pour se promener ou faire du sport ne seront pas limitées dans le temps. Les déplacements inter-régionaux seront cependant interdits, sauf "motifs impérieux ou professionnels". 

Les écoles resteront ouvertes, demi-jauge pour les lycées

Comme le gouvernement l'avait laissé entendre dès mercredi, les écoles resteront ouvertes dans les 16 départements confinés. Les écoles maternelles, primaires et les collèges resteront ouverts dans les mêmes conditions qu'actuellement. En revanche, les lycées basculeront en "demi-jauge". 

Autre changement : le sport à l'école pourra reprendre normalement, alors que les activités sportives extra-scolaires en plein air seront maintenues. 

Le couvre-feu décalé à 19 heures dès samedi

Le couvre-feu, actuellement en vigueur à 18h, va être décalé à 19h dans l'ensemble de la métropole à partir de samedi. "Cet ajustement concernera tous les départements et pas seulement" ceux "soumis (aux) mesures renforcées" pour freiner la circulation du virus, a précisé le chef du gouvernement, pour qui "ce choix de moins restreindre les possibilités de sortir de chez soi doit cependant s'accompagner d'une vraie vigilance" de la part de la population.

Castex demande " au moins 4 jours de télétravail" par semaine

Pour faire face à la progression du virus, le Premier ministre a également poussé à un large recours au télétravail. Jean Castex a ainsi demandé "à toutes les entreprises et administrations qui le peuvent" de mettre en place "au moins quatre jours sur cinq" de télétravail. Estimant que "le moment des repas sur les lieux de travail" est particulièrement à risque, le Premier ministre a également demandé la mise en place "d'ici au début de la semaine prochaine" d'un "protocole significativement renforcé pour la restauration collective en entreprises".

Reprise de la vaccination avec AstraZeneca dès vendredi, après le feu vert de l'Agence européenne des médicaments 

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu son verdict sur le vaccin AstraZeneca, suspendu par précaution dans plusieurs pays européens après des cas de caillots sanguins. "Le comité est parvenu à une conclusion scientifique claire : il s'agit d'un vaccin sûr et efficace", a déclaré la directrice exécutive de l'EMA, Emer Cooke, lors d'une visioconférence. Conséquence : la France va reprendre dès vendredi après-midi la vaccination avec ce sérum, tout comme l'Italie. Jean Castex a annoncé qu'il se ferait lui-même vacciner dès vendredi, avec AstraZeneca. 

L'Agence européenne des médicaments emboîte ainsi le pas de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a recommandé mercredi de continuer à l'utiliser. Il n'y a "pas de preuves" que les vaccins contre le Covid-19 d'AstraZeneca et de Pfizer/BioNTech causent des caillots sanguins (thromboses), a de son côté indiqué jeudi le régulateur britannique, le MHRA. 

"La situation se dégrade", elle "s'apparente à une troisième vague"

Jean Castex a dressé un tableau sombre de la situation sanitaire. "Le constat confirme nos craintes. Nous avons enregistré 35.000 cas aujourd’hui, le nombre de cas a augmenté de 23,6% en une semaine. Cette reprise dessine ce qui s’apparente de plus en plus à une troisième vague", a déclaré le Premier ministre, au début de son intervention. 

"Le variant britannique représente les trois quarts des contaminations. Il est à la fois plus virulent et plus grave, et cela se vérifie dans les chiffres de réanimation. Plus inquiétant encore, ces arrivées en réanimation concernent des personnes plus jeunes par rapport aux vagues précédentes. La situation se dégrade", a-t-il poursuivi.

Près de 35.000 cas en 24 heures, la pression hospitalière s'intensifie

Signe de cette dégradation : la France a enregistré plus de 35.000 cas entre mercredi et jeudi, contre plus de 38.000 la veille. La pression sur les services de réanimation augmente légèrement, avec 27 cas graves en plus. Au total, 4.246 personnes sont hospitalisées en réa. Le nombre de patients hospitalisés est lui aussi légèrement en hausse (+ 75), pour un total de 25.389. 

268 personnes sont mortes à l'hôpital en 24h, portant le total de décès depuis le début de l'épidémie à 91.679. 

La Cour des comptes pointe les "imprécisions" du recensement des malades et lits d'hôpitaux

La lutte contre l'épidémie a pâti de l'impréparation de l'Etat, notamment dans les hôpitaux et l'enseignement qui n'avaient pas suffisamment anticipé la survenue d'une crise de cette importance, même si leur forte mobilisation a finalement permis de faire face, selon la Cour des comptes. Dans son rapport annuel publié jeudi et consacré pour une large part à la gestion de la crise sanitaire, l'institution financière a voulu tirer les "premiers enseignements" de l'année écoulée.

Si le tableau n'est pas totalement noir, la Cour constate globalement une "faible anticipation" assez générale, symptomatique du fait que "les acteurs publics n'accordent pas suffisamment d'attention à la gestion des risques, à leur préparation, quelle que soit leur nature". Dans les hôpitaux, la réanimation était "un secteur mal préparé à affronter la crise", avec notamment "un taux d'équipement qui se dégrade, marqué par de fortes inégalités territoriales", indique-t-elle.

Plus de 2,68 millions de morts

La pandémie a fait au moins 2.682.032 morts dans le monde depuis le début de la pandémie, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi à 11 heures. Les Etats-Unis sont le pays comptant le plus de morts (538.093), suivis par le Brésil (284.775), le Mexique (195.908), l'Inde (159.216) et le Royaume-Uni (125.831). Ces chiffres, qui reposent sur les bilans quotidiens des autorités sanitaires sans inclure les réévaluations fondées sur des bases statistiques, sont globalement sous-évalués.