Isolement des pensionnaires d'Ehpad : "On le fait par défaut, on n'a pas de test"

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Dans les 7.000 Ehpad français, les résidents vont progressivement être confinés dans leurs appartements. 2:21
Dans les 7.000 Ehpad français, les résidents vont progressivement être confinés dans leurs appartements. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Dans les Ehpad, les injonctions du gouvernement à isoler les résidents dans leurs appartements sont appliquées par le personnel... faute d'alternative. Invité d'Europe 1, dimanche, le directeur d'établissement Eric-Angelo Bellini a évoqué un "choix par défaut", forcé par l'absence des équipements de protection et de dépistage.
INTERVIEW

Comment les 700.000 résidents d'Ehpad en France vivent-ils le confinement ? Par la voix du ministre de la Santé, Olivier Véran, le gouvernement a recommandé de généraliser dans ces établissements l'isolement des personnes âgées, une population particulièrement exposée à la menace du coronavirus. Cette mesure est progressivement appliquée par tous les établissements. "On le fait par défaut parce qu'on n'a pas de test, parce qu'on ne sait pas qui est porteur et qui est sain", a déclaré Eric-Angelo Bellini, directeur d'Ehpad, dimanche au micro d'Europe 1.

Dans son établissement de Pleumartin dans la Vienne, Eric-Angelo Bellini a décidé de confiner son personnel en même temps que ses résidents, par mesure de précaution. Un choix "volontaire", "pragmatique" selon ses mots, mais également une "lourde question d’éthique". Pour les personnes âgées vivant dans ces résidences, la quasi-absence de contacts pèse lourdement sur le moral. Ils sont depuis plusieurs semaines déjà privés des visites de leurs familles et de leurs proches. "Ça cabosse mes valeurs et mon éthique personnelle [...] Ce n'est pas léger de réduire la vie sociale de nos résidents."

Absence de masques et de tests de dépistage

Cependant, du propre aveu du directeur, cette décision a été rendue nécessaire par l'absence d'équipements. Les tests pour le dépistage du personnel et des résidents sont absents, de même que les masques assurant leur protection. "Les quelques asques FFP2 que l'on a, c'est le vétérinaire du bourg qui nous les a donnés", s'alarme Eric-Angelo Bellini.

Egalement invité d'Europe 1, le directeur de l'Association des directeurs au service des personnes âgées, Romain Gizolme, renchérit : "Nous avions demandé à Olivier Véran que toutes les structures puissent disposer de [masques]. Il a annoncé que ce serait le cas." Faisant état des difficultés que rencontrent encore certains établissements pour en bénéficier, il conclut : "Il faut que les masques arrivent dès demain dans toutes les structures."

Europe 1
Par Antoine Cuny-Le Callet