Réforme des retraites : le Medef veut une "pause" de "quelques mois"

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Geoffroy Roux de Bézieux estime que les Français n'ont "aucun intérêt à se mettre sur la figure à la rentrée". © Thomas COEX / AFP
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Dans un débat avec le secrétaire général de la CFDT, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a estimé qu'il était nécessaire de "mettre toute notre énergie pour ce qui compte, c'est-à-dire l'outil de production".

Il faut "appuyer sur pause" sur le sujet de la réforme des retraites, alors que la sauvegarde de l'emploi et de la compétitivité des entreprises est la priorité en temps de coronavirus, a estimé samedi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. "Il faut appuyer sur pause pendant quelques mois pour qu'on mette toute notre énergie pour ce qui compte, c'est-à-dire l'outil de production", a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux au cours d'un débat avec le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger aux Rencontres économiques d'Aix-en-Seine. "C'est pause pour reprendre, pas pause pour jamais", a-t-il précisé.

Laurent Berger, qui avait déjà dénoncé vendredi la volonté d'Emmanuel Macron de relancer dès cet été la "concertation" sur les équilibres financiers du système de retraites, a pour sa part constaté samedi "une telle opposition dans notre pays sur ce sujet qu'on a aucun intérêt à se mettre sur la figure à la rentrée ou pendant l'été sur sujet".

Réserves sur un système universel à points

Pour le président du Medef, "si on a réussi à sauvegarder l'emploi, si on n'a pas ce million de chômeurs (supplémentaire) que tout le monde nous promet à la fin de l'année, on pourra repartir". "Et là alors oui, il faudra discuter retraites parce qu'il y a ce projet de système universel, mais il y a aussi un énorme trou financier", a-t-il ajouté.

Geoffroy de Roux de Bézieux a aussi réitéré ses réserves sur un système universel à points voulu par Laurent Berger. Le système universel, "comme on part d'un système très compliqué, c'est bien sur Powerpoint", mais "je trouve que ça ne fonctionne pas", a-t-il déclaré. Dans un entretien à la presse quotidienne régionale publié jeudi soir, Emmanuel Macron a affirmé qu'"il n'y (aurait) pas d'abandon" de son projet de système universel, qu'il juge toujours "juste", même s'il se dit "ouvert" à ce que sa réforme "soit transformée".