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Louis de Raguenel
Vingt-sept migrants sont décédés dans le naufrage d'une embarcation au large de Calais mercredi, alors qu'ils tentaient de gagner la Grande-Bretagne. Ce drame, qualifié de "tragédie" par le Premier ministre Jean Castex, est le plus meurtrier depuis l'envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche. A cinq mois de la présidentielle, l'exécutif doit donc trouver des solutions.
ANALYSE

Au moins 27 migrants ont perdu la vie mercredi dans le naufrage de leur embarcation au large de Calais, en tentant de rejoindre l’Angleterre. "La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a réagi Emmanuel Macron après ce drame, demandant le "renforcement immédiat des moyens de l'agence Frontex aux frontières extérieures" de l'UE et réclamant une réunion d'urgence des ministres des pays concernés par le problème migratoire. Après ce drame, l'exécutif est donc monté en première ligne et tente de trouver une solution à cinq mois de la présidentielle. Pour preuve, une réunion interministérielle est prévue à 8h30 jeudi matin à Matignon. 

Car malgré les efforts du gouvernement contre l'immigration illégale, c'est un bien mauvais record : au 20 novembre, 31.500 migrants ont quitté les côtes de la Manche depuis le début de l'année. Comme l'explique un préfet, il y a un vrai risque politique que Calais devienne le nouveau Lampedusa. Ou tout un symbole. 

"Mettre les Anglais face à leurs responsabilités"

Xavier Bertrand multiplie d'ailleurs les attaques contre la faiblesse d'Emmanuel Macron avec le gouvernement britannique, qui refuse d'honorer sa promesse de 62,7 millions d'euros pour aider la France à lutter contre l'immigration. Le président des Hauts-de-France veut aussi remettre en cause les accords du Touquet, qui stipulent notamment que la frontière franco-britannique se trouve à Calais.

De son côté, Eric Ciotti dénonce l'absurdité de la politique du gouvernement qui, d'un côté, laisse entrer les migrants à la frontière franco-italienne et franco-espagnole et qui, de l'autre, se plaint de les voir le long des côtes de la Manche. Alors après la crise des pêcheurs au Royaume-Uni, Emmanuel Macron sait qu'il n'a plus le droit à l'erreur. Un de ses proches confie à Europe 1 : "Il doit mettre les Anglais face à leurs responsabilités et exiger un vrai engagement de leur part". Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est entretenu jeudi soir avec le chef de l'État. Paris et Londres assurent en effet vouloir travailler ensemble pour lutter contre les réseaux de passeurs.