Migrants : «La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière», affirme Macron

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avec AFP , modifié à
"La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a affirmé mercredi Emmanuel Macron après la mort de 27 migrants dans la Manche, en demandant le "renforcement immédiat des moyens de l'agence Frontex aux frontières extérieures" de l'UE.

"La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a affirmé mercredi Emmanuel Macron après la mort de 27 migrants dans la Manche, en demandant le "renforcement immédiat des moyens de l'agence Frontex aux frontières extérieures" de l'UE, selon un communiqué de l'Élysée. Le chef de l'État français a réclamé "une réunion d'urgence des ministres européens concernés par le défi migratoire" et assuré que "tout sera(it) mis en œuvre pour retrouver et condamner les responsables" de ce drame.

Une réunion interministérielle jeudi à 8h30

Son Premier ministre, Jean Castex, tiendra jeudi à 8h30 une réunion interministérielle sur ce dossier avec les ministres de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de la Justice, Éric Dupond-Moretti, des Armées, Florence Parly, de la Mer, Annick Girardin, des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le secrétaire d'État à l'Europe, Clément Beaune, selon ses services. Dans son communiqué, le président Macron faisait état d'au moins 31 morts alors que le précédent bilan de la police s'établissait à 27 personnes (bilan définitif, NDLR) ayant péri mercredi dans le naufrage de leur embarcation au large de Calais, ville du nord de la France, devenue le point de départ des tentatives de traversées vers les côtes britanniques.

Ce drame est le plus meurtrier depuis l'envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche, face au verrouillage croissant du port de Calais et du tunnel sous la Manche empruntés jusque-là par les migrants tentant de rallier l'Angleterre. "Nous sommes tous émus par cette tragédie qui heurte chacun dans son intimité et dans ses valeurs", déclare également Emmanuel Macron, en exprimant sa "compassion" et le "soutien inconditionnel de la France" aux familles des victimes. "C'est l'Europe dans ce qu'elle porte de plus profond - l'humanisme, le respect de la dignité de chacun, qui est endeuillée", ajoute-t-il.

Des "réseaux de passeurs" qui "mettent en danger des vies humaines"

Il met en cause les "réseaux de passeurs qui, en exploitant la misère et la détresse, mettent en danger des vies humaines et finalement déciment des familles". "La France agit, en lien avec la Grande-Bretagne, pour démanteler les réseaux de passeurs" et "depuis le début de l'année, grâce à la mobilisation de 600 policiers et gendarmes, 1.552 passeurs ont été interpellés sur le littoral Nord et 44 réseaux de passeurs démantelés", a affirmé le président, en ajoutant que "7.800 migrants ont été sauvés". "Malgré cette action, 47.000 tentatives de traversées ont eu lieu depuis le 1er janvier", selon lui.

"Si nous n'amplifions pas dès aujourd'hui nos efforts, d'autres tragédies se reproduiront", prévient-il. Pour cela, "nous devons accélérer le démantèlement des réseaux criminels en lien avec la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne". "Nous le devons aux victimes, aux orphelins, aux familles. Nous nous le devons", conclut-il.

 

Migrants : un cinquième passeur suspect arrêté, annonce Gérald Darmanin

Une cinquième personne a été arrêtée dans la nuit de mercredi à jeudi, suspectée d'être un passeur en lien avec le naufrage de migrants qui a fait 27 morts dans la Manche, a indiqué jeudi le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Parmi les victimes figurent 17 hommes, sept femmes et trois jeunes, selon la procureure de Lille. Quatre passeurs présumés avaient été arrêtés mercredi en fin d'après-midi, soupçonnés d'être en lien avec la tragédie, avait indiqué le ministre en déplacement à Calais.