Déconfinement : pourquoi l'exécutif joue gros

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Dans un tweet publié dimanche soir, Emmanuel Macron appelle les Français à "rester prudent".
Dans un tweet publié dimanche soir, Emmanuel Macron appelle les Français à "rester prudent". © AFP
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Alors que le confinement est progressivement levé à partir de lundi, Emmanuel Macron a expliqué en privé qu'il "assumait le 11 mai" "prenait ses responsabilités". Il en appelle à la responsabilité de tous les Français, alors que la loi d'état d'urgence sanitaire n'a pas été promulguée à temps et que le virus continue de circuler.

Ça y est ! Après plus de huit semaines de confinement, les Français vont pouvoir enfin sortir de chez eux sans attestation de déplacement dérogatoire à partir du lundi 11 mai. Pour l'exécutif, la réussite des prochains jours est primordiale. L'enjeu du déconfinement est très délicat pour le gouvernement. Malmenés dans les sondages, affaiblis par des polémiques et des déclarations contradictoires, Emmanuel Macron, Édouard Philippe et ses ministres jouent gros. 

"Le capitaine de crise, c’est Édouard Philippe"

En coulisses ce week-end, Emmanuel Macron a plusieurs fois répété qu'il "assumait ce 11 mai". "J’assume et je prends mes responsabilités", a martelé le chef de l'État. L'Élysée avance d'ailleurs "la responsabilité" comme mot d'ordre pour le début du déconfinement. Celle l'exécutif qui décide de sortir le pays de sa vie sous cloche, après plus de 50 jours de confinement, mais aussi celle du Premier ministre, en première ligne depuis plusieurs semaines. "Le capitaine de crise, c’est Édouard Philippe", claironne un proche du président.

Le sommet de l'État croit également en la responsabilité des Français, sommés d’être prudents. "Nous leur faisons confiance pour protéger les autres et se protéger eux-mêmes", plaide un ministre de premier plan. À quelques heures du déconfinement, Emmanuel Macron a d'ailleurs invité les Français dans un tweet à "rester prudents". "Grâce à vous, le virus a reculé, mais il est toujours là", a-t-il souligné. 

Surtout que la loi d'état d'urgence sanitaire n'a pas été promulguée à temps pour le déconfinement ce lundi. L'entrée en vigueur de deux dispositions phare est donc repoussée à lundi soir au mieux : la limitation des déplacements à 100 km et l'attestation obligatoire dans les transports en commun. L'exécutif fait dès lors appel "au sens de la responsabilité des Français" pour respecter certaines de ces dispositions, ont annoncé l'Élysée et Matignon dans un communiqué commun.

Outre une communication via les réseaux sociaux, Emmanuel Macron, lui, n’a pas prévu de déclaration pour l’heure. "Le Président sera en supervision", promet son entourage, qui reconnaît également que le premier personnage de l'État ne restera pas dans l'ombre. Écoles, transports, partenaires sociaux : "Il ira sonder ce qui marche et ce qu’il faut ajuster", prévient l'Élysée…

Si les chiffres communiqués par la Direction générale de la santé sont encourageants, après 55 jours de confinement, la victoire sur le virus est loin d'être acquise, car le déconfinement fait craindre à toute une partie du corps scientifique et médical le risque d'une seconde vague. Et à la fin, quelque soit l'issue de la crise, la responsabilité, il n’y a qu’Emmanuel Macron qui la portera.

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Ariel Guez