"On n'a aucun repère" : à Melbourne, le témoignage d'un Français reconfiné

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Coronavirus Australie Melbourne 1:06
Les habitants de Melbourne sont obligés de se reconfiner après une flambée du coronavirus. © William WEST / AFP
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En raison de la progression rapide du coronavirus, le reconfinement a été imposé aux cinq millions d'habitants de Melbourne, deuxième ville d'Australie. Europe 1 a recueilli le témoignage d'Alex, un Français qui vit dans le pays depuis dix ans. Pour lui, "tout le monde vit ça plus difficilement que la première fois".
TÉMOIGNAGE

Ils doivent de nouveau rester chez eux et limiter leurs sorties au strict minimum : les cinq millions d'habitants de Melbourne, deuxième ville d'Australie, sont obligés de se reconfiner face à la progression rapide du coronavirus. Europe 1 a recueilli le témoignage d'Alex, Français expatrié en Australie depuis dix ans, qui décrit une "panique" chez les habitants et une absence de "repère sur un retour à la normale".

Décalage face au reste du pays

Au moment de l'annonce du reconfinement, mardi, "beaucoup de personnes ont essayé de fuir Melbourne au plus vite", raconte Alex. "Les gens ont essayé d'aller soit à la campagne, soit dans un autre État qui était moins confiné", notamment dans l'ouest du pays. L'annonce a été faite alors que cette ville du sud-est de l'Australie a fait état de 191 nouveaux cas en 24 heures, ce qui rend difficile le traçage des contacts des personnes infectées par le virus.

Plusieurs millions d'habitants se sont donc retrouvés "isolés du reste du pays" presque du jour au lendemain, explique-t-il. "Quand je vais sur Facebook et que je vois les gens qui commencent à ressortir, ça m'affecte encore plus. On se retrouve à ne pouvoir rien faire, alors que les autres profitent vraiment de leur liberté."

"Pour nous, ce n'est pas fini"

Au-delà de la comparaison avec les autres villes et États du pays, c'est le sentiment de revenir à une situation de frustration qui prédomine chez Alex. "On sait comment se passe le confinement. On sait à quoi s'attendre, à quel point c'est monotone et à quel point tu finis par tourner un peu en rond", décrit-il.

Pour l'heure, il n'y a pas de date de fin pour ce nouveau confinement, ressenti différemment du premier. "Pour le premier confinement, on se disait bon, c'est pas super, mais au moins, on peut retrouver un peu de liberté après. Mais là, on n'a aucun repère pour le retour à la normale. Tout le monde vit ça plus difficilement que la première fois. Ça nous montre vraiment à quel point pour nous, ce n'est pas fini. C'est ça qui démoralise un peu les gens."