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Pakistan : un fait divers brise les tabous

Le monde dans votre radio

16 janvier 2018

Episode - 00 minutes - Société

Description de l'épisode

Au Pakistan, où le sexe est tabou, le viol et le meurtre d'une fillette de 7 ans semble faire bouger les lignes.


Au Pakistan, où conservateurs et religieux font peser une chape de plomb, pas question de parler de sexe, c’est tabou ! Pourtant, un fait divers dramatique bouleverse le pays…

C’est une histoire horrible, qui s’est déroulée dans la ville de Kasur le 4 janvier. Kasur c’est dans l’Etat du Punjab, près de la frontière indienne. Zainab, une petite fille de 7 ans, a disparu sur les 100 mètres qui séparaient l’école coranique de sa maison. Et il y a une semaine tout juste, son corps a été retrouvé dans une décharge. La fillette avait été violée et étranglée. Ce drame a provoqué une immense vague de colère au sein de la population : des routes ont été bloquées, des voitures brûlées et les manifs ont dégénéré en affrontements. Deux protestataires sont même morts sous les charges de la police.

C’est le sentiment d’impunité face au drame qui a provoqué cette flambée de rage ?

Exactement. Car les traces ADN trouvées sur le corps de la petite correspondent à celui d’un suspect dans 12 autres affaires de meurtres d’enfants dans un rayon de 2 kilomètres depuis un an. Et pendant les cinq jours de disparition de la fillette, la famille assure qu’elle l’a cherchée partout, mais pas la police. "La sécurité, c’est pour les leaders, mais pas pour de vulgaires insectes comme nous", a lâché le père de Zainab. En fait, la population reproche à l’Etat, à la police et à la justice de ne rien faire, depuis des années, face aux abus d’enfants. Dans un pays, qui plus est, très conservateur où l’éducation sexuelle est complètement absente du cursus scolaire. C’est tabou, pour la droite religieuse, pas question d’évoquer cet aspect dangereux de la culture occidentale. Et donc le viol encore moins.

Mais le cas de la petite Zainab semble être l’affaire de trop. Et donc ça bouge !

C’est ça qui est intéressant, oui. La semaine dernière, une présentatrice de JT a commencé son direct avec sa petite fille sur les genoux et un édito très colère. "Les petits cercueils sont les plus lourds", a-t-elle dit. Et ce week-end, ce sont trois personnalités connues qui ont véritablement brisé le tabou en révélant publiquement, sur les réseaux sociaux, qu’elles aussi avaient été abusées sexuellement quand elles étaient petites. Elles l’ont fait sous une double bannière, un double hashtag : MeToo, qui symbolise désormais, dans le monde entier, la parole de victimes qui jusqu’ici se taisaient, et puis "Justice pour Zainab". "Est-ce que l’honneur de ma famille est enfermé dans mon corps ?", demande l’une de ces trois femmes, une actrice réputée. "Je suis une survivante forte, fière et aimante. Pas de honte, ni sur moi ni sur mes enfants." Ces témoignages ont un effet domino depuis quelques jours, au Pakistan. Le calvaire de la petite Zainab fait bouger les lignes.

Deuxième sujet, le Liban semble un peu fâché avec le cinéma international en ce moment. Deux films viennent d’être interdits pour leurs liens plus ou moins étroits avec Israël. A Beyrouth, on retrouve Antoine Garibal. Est concerné, notamment, le dernier film de Steven Spielberg, Pentagone Papers !

Oui, il n’y aura pas de Meryl Streep ni de Tom Hanks ce mois-ci dans les salles libanaises. En cause : le réalisateur, Steven Spielberg. Pour comprendre pourquoi, il faut remonter à l’été 2006, alors que l’Etat hébreux est en guerre contre le Hezbollah. A ce moment-là, Steven Spielberg fait un don d’un million de dollars à Israël. De quoi le placer sur la liste noire de la Ligue arabe des personnes et des institutions à boycotter pour leurs liens avec l’Etat hébreux. Aujourd’hui, le bureau de la censure libanais dit qu’il ne fait qu’appliquer cette mesure. Vous savez, le Liban est officiellement en guerre contre l’état hébreux. Donc régulièrement ici, les productions artistiques qui impliquent des Israéliens sont interdites. En juin, le film Wonder Woman avait était été déprogrammé. Cette fois à cause de l’actrice Gal Gadot, mannequin et actrice, mais surtout ex-militaire qui avait soutenu l’armée de son pays.

Et puis, c’est décidément compliqué en ce moment entre le cinéma américain et le Liban : un autre film, même pas encore sorti, déchaîne les passions !

Le film s’appelle "Beirut" et sa bande-annonce, mise en ligne la semaine dernière, a fait l’effet d’une bombe. L’intrigue se déroule en 1982 dans une capitale libanaise à feu et à sang. Problème selon les internautes : le film véhicule une série de clichés négatifs sur le Liban et les Arabes. D'autant qu'il a été tourné non pas à Beyrouth, mais au Maroc. Quant au casting, il réunit des acteurs américains, marocains et même français avec Leila Bekhti, mais aucun comédien libanais. L’affaire est remontée jusqu’au ministre de la culture qui parle d’une capitale "injustement défigurée". Le Liban étudie la possibilité de faire changer le nom du film à l’international, ce qui semble très improbable. Et les Libanais n’ont pas pu s’empêcher de remarquer que la sortie du film est programmée pour le 13 avril. Soit le jour anniversaire du début de la guerre civile libanaise.

En bref, alerte au poisson mortel, au Japon !

A Gamagori, une petite ville du centre du Japon, un supermarché a mis en vente des barquettes de Fugu. C’est un poisson très prisé, si et seulement si on lui a enlevé son foie qui contient de la tétrodotoxine, c'est-à-dire un poison très violent, et contre lequel il n’existe aucun antidote. Ça paralyse les nerfs moteurs et dans le pire des cas, c’est l’arrêt respiratoire. Or le supermarché a oublié de vider les bestioles ! Cinq barquettes ont été vendues. La ville a diffusé un message d’alerte dans les haut-parleurs des rues. Quatre barquettes de fugu empoisonné ont pu être récupérées, la dernière avait été mangée. Il parait que le client va bien pour l’instant. Sachez qu’il faut cinq ans d’entrainement à un cuisinier pour obtenir son agrément et avoir le droit de préparer ce poisson. On ne rigole pas avec le fugu.

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