La "remontada" d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron reflète l'équilibre du couple exécutif

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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C’est inédit, les sondages se suivent et se ressemblent depuis quelques jours : le président et le Premier ministre remontent dans l'opinion des Français. 

Un Français sur dix intervertit encore le nom et le prénom du Premier ministre, mais dans un récent sondage, ils sont 65% à citer spontanément son patronyme complet. C’est dire le chemin parcouru par celui qui avouait encore à la rentrée, "qu’avoir deux prénoms, ça n’est pas simple pour se faire un nom" ! Dans le dernier baromètre BVA-Orange-La Tribune, rendu public mercredi, Emmanuel Macron est à 52% d’opinions favorables, à égalité avec Edouard Philippe. Et c’est bien là la surprise : comment un numéro deux parvient-il à exister derrière un numéro un aussi omniprésent, voire envahissant ?

Un couple en osmose. Selon les Français interrogés par BVA, Edouard Philippe "connait les territoires, il a été maire du Havre, il inspire le sérieux, il est loin des querelles politiciennes qui minent le pays depuis 30 ans. Sobriété, calme et pédagogie : il rend à la fonction une image largement écornée". Le charisme ? Non, sur ce point les Français ne voient pas trop. Mais surtout, ce qui revient, c’est qu'"il semble en osmose avec Emmanuel Macron, il collabore avec lui pour un projet global, il n’a pas d’ambition personnelle déplacée, il tient sa place".

À chacun son rôle. Qui se souvient de son discours de politique générale hacké par le discours du président devant le Congrès en juillet dernier ? Ou encore, de l’apprenti Premier ministre qui séchait à la rentrée devant un intervieweur ? De la curiosité aussi qu’il suscitait en étant chef d’une majorité à laquelle il n’appartient pas ? Autant de boulets qui sont aujourd’hui portés à son crédit. Les Français, de façon désormais majoritaire, savent gré au président de tout trancher, de se poser en sauveur du climat comme de l’Europe, mais ils apprécient que son Premier ministre soit dans un registre différent, plus horizontal, à gérer les affaires courantes et s’occuper d’eux. Quand le premier se démène sur la scène internationale ou s’affiche à l’unisson de l’hommage populaire pour Johnny, l’autre anime la Conférence des Territoires à Cahors et a du mal à retenir ses larmes sur les lieux du drame de Millas. Chacun son couloir, mais aucune tension palpable entre les deux sur ce Yalta des tâches et des prérogatives.

À cet instant T que nous dessine ce sondage, l’ordre juste qui règne au plus haut sommet de l’Etat, sans rapport de force inutile, rassure. Edouard Philippe a trouvé sa place, celle d’être dans la roue d’Emmanuel Macron, pour le meilleur aujourd’hui, peut-être pour le pire demain. Il n’a pas d’existence propre, mais sa propre utilité.