La venue, très attendue par les socialistes français, de Pedro Sanchez à Paris

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© EMILIO NARANJO / POOL / AFP
L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Hélène Jouan évoque un sujet précis de la vie politique.

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez sera à Paris cet après-midi. Très attendu par les socialistes français !

Il est arrivé au pouvoir sur un coup de poker : une motion de censure contre le gouvernement Rajoy. Il se retrouve aujourd’hui premier ministre. Certes à la tête d’une majorité hétéroclite et a priori instable au parlement, certes avec un parti socialiste en lambeaux qui est allé de rétrécissements en défaites. Mais il survécu à tant d’avanies ! Choisi par les militants du PSOE en 2014, viré par les caciques du parti, élu député puis démissionnaire pour avoir refusé de jouer le rapprochement la droite, revenu par la fenêtre. Il y a des coups de poker qui sont des coups de génie. Sanchez est un revenant, un résilient, un chanceux, bref il est un horizon pour tout socialiste encore vivant.

Alors qui le regarde avec les yeux de Chimène ?

Tous les socialistes vivants vous dis-je ! Anne Hidalgo la maire de Paris d’abord avec qui il s’affichera cet après-midi. « Il a tenu à faire le détour par Paris pour voir son amie Anne» précise l’entourage du maire « elle-même était allée le soutenir en meeting à Séville » rappelle-t-on; il est passé en coup de vent dans la capitale la semaine dernière pour rencontrer le président afin de préparer le conseil européen, mais ne vous y trompez pas, le vrai axe ce n’est pas Macron/ Sanchez mais Hidalgo/Sanchez ! Quand il est le seul des européens à faire un geste à l’endroit des égarés de l’Aquarius, c’est du Hidalgo nous explique-t-on, quand il gouverne avec sa coalition d’extrême gauche, les basques et les séparatistes catalans, qu’est que la maire de Paris fait d’autre avec sa majorité où se mêlent socialistes, marcheurs et communistes ? Sanchez est un homme de coalition, l’élue parisienne est celle qui fait fonctionner la gauche plurielle. En difficulté dans la capitale, Anne Hidalgo est en tout cas ravie de s’afficher auprès d’El Guapo, le beau mec, surnom du premier ministre espagnol. Allez savoir, sur un malentendu, ce qui lui est arrivé à lui, pourrait aussi lui arriver à elle. Renaître

Pedro Sanchez ne se contentera pas de voir la  maire de Paris

Non, il a droit ensuite au Cirque d’hiver, avec les socialistes européens, dont les Français. Un vrai cirque pour le voir, peut-être le toucher en backstage afin qu’il leur porte chance. Pedro Sanchez est un premier ministre fragile, contraint dans sa politique économique et sociale par l’Europe, coincé par ses alliés, avec bien peu de cartes en main, mais il l’un des rares à incarner la sociale démocratie européenne au pouvoir. Un survivant. Donc un espoir.